RAYANT COEUR
de Jacques Cœur. L'archevêque objecta vainement qu'il avait pris possession des biens de son oncle à titre d'héritier et d'exécuteur testamentaire; le procureur général lui répondit qu'il ne pouvait hériter de l'évêque de Luçon, dont Jacques Cœur, son frère, était le plus proche parente Pour comble d'infortune, la division s'était glissée entre les enfants de l'argentier, et ils n'étaient pas unanimes dans leurs protestations contre l'arrêt qui l'avait frappé. On se souvient que, n'épargnant ni soins ni démarches pour soustraire la connaissance du procès aux commissaires extraordinaires, l'archevêque de Bourges avait intéressé au sort de son père l'évêque de Poitiers, l'archevêque de Tours et le pape lui-même. L'arrêt une fois rendu, il reprit son œuvre en changeant de tactique. Les supplications ayant échoué, il avait eu recours aux voies judiciaires, et deux autres frères faisaient cause commune avec lui. Un seul, Ravant Cuer, refusa de s'associera eux, et, l'on ne sait pour quel motif, se sépara, dans ces graves circonstances, du reste de sa famille. Ce fâcheux dissentiment est constaté dans les termes suivants par le procureur général du roi.
« Et le dit jour (30 octobre 1453) vint vers moy Ravant Cuer qui me dist qu'il n'avoit de quoy vivre ne de quoy avoir des vestemens et autres habillemens de sa personne, et que, pour ce qu'il ne s'estoit pas voulu consentir à l'opposition que l'arcevesque de Bourges et autres ses frères vouloient faire à rencontre des criées des héritages et biem immeubles du dit Cuer qui se faisoient, ilz l'avoient chassa et chassoient, et ne le vouloient veoir ne rancontrer et n( savoit où alor; et me requist, en plorant et gémissant, qu( je voulsisse avoir regard à son pouvre fait, et le remonstrei
* Vente des biens, etc., extrait G.