PROTESTATIONS PUNIES
ritage de sa mère et de son oncle, l'évcque de Luçon. Plus tard, deux de ses frères, Henri, cLancelier de l'église de Bourges, et Geoffroy, appelèrent des gens du Grand Conseil à la cour du parleraent, et mirent opposition à la vente des biens de leur père. Ils alléguaient « qu'il avoit toujours esté détenu si étroictement que nul n'avoit osé jiarler à luy, que l'on n'avoit voulu permettre qu'il eust du conseil ni qu'il fust ouï en justice, que le crime de lèze-majesté n'avait pas esté prouvé, que la sentence ayant esté rendue en son absence, estoit nulle.» Ils disaient encore que «leur père estoit clerc, longtemps paravant son mariage; mesmement, au temps de la dicte sentence donnée estoit clerc, non marié, car la dicte feue Macée (sa femme) estoit allée de vie à trespas... » Mais le procureur général répondait que Jacques Cœur « estoit crimineulx de plusieurs grands crimes et mesmes de lèze-majesté , qu'il estoit, au temps de sa prinse, marié, et n'estoit en habit ne tonsuré; qu'il avoit esté ouï par voye extraordinaire, qu'il n'estoit besoin de prononcer l'arrest en sa présence, et enfin qu'il avoit bien su le dit arrest, puisqu'il avoit fait amende honorable. »
Ces attaques persistantes contre l'arrêt du 29 mai 1453 finirent par irriter ceux qui l'avaient rendu, et l'on résolut de prévenir, par les voies de rigueur, toute nouvelle protestation. Henri Cœur et le mandataire de Geoffroy Cœur furent jetés en prison. On instruisit contre eux, et des lettres de Charles YII (27 octobre 1453) les condamnèrent « à faire amende honorable en la personne du procureur général, à genoux, sans chaperon et sans ceinture, tenant une torche de six livres de cire ardant en la main, et à crier mercy au Roy et aux gens du grand Conseil, en disant que faulsement et mauvaisement ils avoient appelle et baillé la dite cédule, et en amende profitable de deux mille écus. » L'amende