OPPOSITIONS PARTICULIÈRES REJETÉES
fut, il est vrai, réduite depuis à trente livres. Deux notaires de Bourges, qui avaient dressé l'acte d'appel, subirent aussi une condamnation.
Indépendamment des oppositions formées par la famille de Jacques Cœur, il y avait les oppositions des particuliers, et elles abondaient. On remarquait dans le nombre celles de Louis de la Trémouille, en sa qualité d'ancien propriétaire de diverses terres que Jacques Cœur lui avait achetées, des évoques de Carcassonne, de Nevers et de Montauban,du sénéchal du Bourbonnais, Jean d'Etampes, de Jean de Courtenay, de Guillaume de Coligny, de Jean de Chaumont, de Guillaume Lallemanl de Bourges, et de bien d'autres; mais elles furent toutes repoussées. Se fondant sur ce que, d'après un ancien privilège de la province, les biens des bourgeois et habitants de la ville ne pouvaient être confisqués, si leurs dettes n'avaient été payées, les créanciers de Bourges avaient espéré être mieux traités que les autres. On nia ce privilège qui, au surplus, dirent les commissaires, aurait été sans force contre les droits du roi^ L'adjudication des propriétés immobilières traîna néanmoins en longueur, à raison des oppositions spéciales dont la plupart furent l'objet. Quand Jacques Cœur avait été arrêté, le roi s'était emparé de tous ses biens, et, se réservant seulement cent mille francs pour la guerre de Guienne, il avait « distribué tout le reste au comte de Dammartin et aultres qui estoient autour de luy'*. » Le comte prit immédia-
1 Actes judiciaires relatifs à la vente des biens de Jacques Cœur, pièces existant dans les archives du cliâleau de Saint-Fargeau, publiées par Buchon, à la suite des Mémoires de Du Clercq et de Lefebvre Sainl- Rémij, p. 582 à 663.
* Le don fait au comte de Dammartin se composait : 1° Des terres et seigneuries de Saint-Fargeau, de La Couldre, de Ferreuse, de Cliauipigiioll«i, de iMézilles, de Villeneuve-les- Genêts et