‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 303 sur 359 · MORT DE JACQUES CCEDR · texte numérisé non relu

MORT DE JACQUES CCEDR

suite d'une blessure reçue dans quelque engagement? On ne l'a jamais su, Bientôt son état s'aggrava, et tout espoir de guérison s'évanouit. Sentant sa fin approcher, il écrivit au roi « pour luy recommander ses enfans et le supplier humblement qu'eu esgard aux grands biens et honneurs qu'il avoit eus en son temps autour de luy, ce fust son bon plaisir de leur donner aucune chose, afin qu'ils pussent, mesmement ceux qui estoient séculiers, honnestement vivre sans nécessité ^. »

Le commerçant fameux, l'ancien favori du roi CharlesVII, l'ami de plusieurs papes, mourut le 25 novembre 1456-, loin de la France, et sans doute aussi de tous les siens. Un chroniqueur contemporain rapporte qu'au moment de trépasser, l'illustre proscrit protesta de son innocence par un serment solennel, pardonna à ses délateurs, au roi, et

citm strenuum se aliquanto tempore in hujusmodi navali prxbuisset erercilio, MORS INDE CONTRACTA Ptim ad feliciorem viiam ex hac inslabili hice evocavit, » Il y a lieu de remarquer toutefois que ce n'est pas Nicolas V, maisCalixIe 111 qui donna à Jacques Cœur le commandement de l'expédition contre les infidèles.

• Lettres de Charles VU en faveur des enfants de Jacques Cœur, du 5 août 1457. Voir pièces justificatives, n' 12.

* La date exacte de sa mort est fixée par ce passage de l'obituaire de l'église de Saint-Etienne de Bourges, dont il avait été l'un des bienfaiteurs, et qui ne l'oublia pas : « xxv novembris. — Obiit generosi animi dotninus Jacobus Cordis, miles, ecclesie capitaneus generalis CONTRA INFIDELES, qui sacrisliam nostram penitus extruxil et ornamentis decoravit, aliaque plnrima ecclesie nostre procuravit bona. Ea propter, precibus et suffragiis, complectendum duximus, et in perpetuum solemne

anniversarium illius celebrandum ordinavimus » — M. Raynal, loc.

cit., p. 94, note. — L'obituaire n'indique pas l'année où mourut Jacques Cœur; mais ce ne peut être qu'en 1456. En effet, l'aventure de Beaucaire avait eu lieu au commencement de la même année, et les lettres de Charles Vil où il est question de Jacques Cœur comme « estant allé de vie à trespassement, à rencontre des ennemis de la foy catholique, » sont du 5 août 1457.

DANS L'ILE DÉ CHIO LE 2o NOVEMBRE 1486. 301

supplia Dieu de leur pardonnera son tour^. Le passage suivant d'un historien du seizième siècle lève l'incertitude où l'on avait longtemps été sur le lieu même de sa mort. Après avoir raconté une descente que les Français firent, en 1501, dans l'île de Chio, où plusieurs hommes moururent de maladie, Jean d'Auton ajoute : « Ils furent enterrés dedans l'église des Gordeliers, auquel lieu est pareillement ensépulturé feu Jacques Gueur, dedans le milieu du chœur de ladite église^. »

1 Thomas Basin ; voir la préface.

2 Histoire de Louis XII, édit. de Th. Godefroy, t. Ip. 132. — Boïiamy d\l{i^^ Mémoire) que Jean d'Aulon avait vécu avec les enfants de Jacques Cœur. Cela est tout à fait probable. Les lettres de rémission délivrées par Charles VII en faveur de Jean de Village, au mois de février 1456, sont contresignées par diverses personnes, au nombre desquelles figure messire Jean d'Auton. C'était peut-être Je père ou un oncle de l'historien.

Un savant distingué, qui a rempli plusieurs missions dans le Levant, M. de Mas-Latrie, m'ayant informé qu'il avait ouï dire à Chio même que Jacques Cœur avait du y êlre inhumé dans une ancienne église de Franciscains, M. le comte Drouyn de Lhuys, ministre des affaires étrangères, a bien voulu, à ma prière, faire faire des recherches dans ce sens. Elles n'ont, par malheur, amené aucune découverte intéressante. Quelques fouilles bien dirigées seraient peut-être nécessaires.

302 LA GUIENNE RECOiNQClSE.

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