‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 315 sur 359 · LE CHATEAU DE DAMES · texte numérisé non relu

LE CHATEAU DE DAMES

niveau et à côté de l'étage supérieur de la lourdes Princes, était une pièce à laquelle la tradition conserva le nom de chambre d'Aguès ^.

C'est au cbàteau de Mehun, à quelques lieues de la ville et dans la province qui lui avait donné le plus de preuves de dévouement , que Charles VII résidait principalement depuis quelques années. Un autre motif justifiait peut-être aussi sa prédilection. Des tours mêmes du château, la vue en découvrait un autre situé à une lieue de là, dans la direction du nord-est; c'était le château de Dames , relevant de celui de Mehun , auquel il payait chaque année, pour droit de rachat, deux éperons d'argent et douze pains pour les chiens. De construction ancienne, le château de Dames avait été rebâti en partie vers la fin du quatorzième siècle. Sou étroite enceinte était entourée de grands fossés et défendue par un ensemble de tours rondes et carrées. Agnès Sorel y avait, suivant la tradition, demeuré longtemps, et l'on ajoute que Charles VII prétextait souvent des parties de chasse dans les forêts voisines pour avoir occasion d'aller au château de Dames *.

* Le plan de l'ancien château de Mehun se trouve dans le volume de Labouvrie de Bourges, Relalion de la monstre, etc. (voir p. 2, )iole 1). Labouvrie n'indique pas où il l'a fait copier.

Le château de Mehun a été détruit en partie, dit-on, par le feu du ciel; les niveleurs de 1793 l'ont à peu près achevé. On voit encore aujourd'hui les restes de deux de ses tours dont les ruines font, au milieu du [laysage, toujours magniûque, un effet des plus pittoresques. L'une d'elles, la mieux conservée, sert, à l'occasion, de prison aux vagabonds.

' * Ces souvenirs sont encore tout vivants à MehTin-sur-Yèvre, où je les ai recueillis. Je n'ai pu, à mon grand regret, aller visiter le château de Dames. Je n'ai su, d'ailleurs, que plus tard quelques particularités intéressantes qui s'y rattachent. Ainsi, on lit dans un Mémoire historique sur le Berry, par M. Bengy-Puy vallée {Annuaire du Bcrrij pour

CHATEAU DU BOIS-SIR-AMÉ. 3il

Enfin, dans une direction opposée et à quelques lieues de Mehun, un autre château fut aussi très-fréquemment le but des promenades de Charles VII. Soit que celui de Dames eût fini par paraître trop exigu à la favorite, soit que la reine eût réclamé contre un voisinage aussi scandaleux, Agnès Sorel, et plus tard la dame de Villequier, quand elle lui eut succédé, habitèrent un château plus éloigné de Mehun, plus vaste, qui devint célèbre dans la contrée, et auquel, par suite des visites fréquentes qu'y faisait Charles YII, les habitants du pays donnèrent le nom significatif de château du Bois-sir-Amé ^. Plusieurs

1843, p. 57), que le propri(^taire actuel de la lerre de Dames conserve encore, dans un des apiiartements du château, le portrait de Charles VII, peint en Hercule, couvert d'une peau de lion, celui de la belle Agnès, son armoire, sa toilette, ses chenets, son fauteuil et sa table. « Ces meubles, ajoute M. Bengy Puyvallée, qui en parle sciemment, attendu qu'ils appartenaient à son fils, sont plus curieux par leur amie.ineté que par la beauté de l'ouvrape. Une chose remarquable, c'est que. sur les parois intérieures de la toilette, est représentée la passion de Notre Seigneur. »

D'un autre côté, je vois dans l'ouvrage sur Jacques Cœur de miss Coslello, p. 176, que ces objets, dont elle fait une description beaucoup plus flatteuse que M. Bengy-Puyvallée, sont maintenant déposés au Musée de Bourges. L'encombrement de ce Musée et l'absence d'un bon catalogue m'auront euipêché de les remarquer.

* Ce château, situé dans la commune de Vorly, canton de Levet (Cher), appartenait, au quatorzième siècle, à Louis de Chavenon, seigneur du Bois, et il s'appelait le château du Bois. Un siècle après, il fut acheté par Jacquelin Trousseau, dont le petit-fils épousa la fille de Jacques Cœur; il se nomma alors le château du Bois-Trousseau. Artault Trousseau, père de Jacquelin, l'ayant loué ou prêté à Charles VU, celui-ci chargea Jacques Cœur de compter à Artault Trousseau une somme de mille écus d'or, valant alors 1,375 livres tournois. C'est à cette époque que les habitants du pa^s lui donnèrent le nom de château du Bois-sir-Amé. ( e cliâtnau a eu successif ement pour propriétaires les Chùteauneuf, Jean-Baptiste Colbert, le comte de Pontchartrain, un descendant de L'Hospital, et, dans les temps modernes, les maréchaux Mac-Donald et Beurnonville, le duc de Massa, le comte Ferre-

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