‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 317 sur 359 · IL SUPPLIE LE DAUPHIN DE REVENIR · texte numérisé non relu

IL SUPPLIE LE DAUPHIN DE REVENIR

Prière inutile! Pourquoi, au surplus, le dauphin aurait- Il déféré aux supplications du roi? Il avait pour principe de ne rien faire sans profit. Or, à quoi pouvait lui servir la démarche qu'on lui demandait? Il savait que la vie de son père, usée tout à la fois par la tristesse et par des excès que lui défendait son âge, ne serait plus de longue durée. D'autre part, il prétendait avoir auprès du roi des ennemis qu'un crime n'eût pas arrêtés. Il préféra donc attendre dans son exil volontaire cette couronne si ardemment désirée. On connaît les circonstances de la mort de Charles VIL Un jour, au commencement du mois de juillet 1461, un de ses capitaines lui dit, on ne sait sur quel soupçon, qu'on cherchait à l'empoisonner. Ces paroles causèrent ou précipitèrent sa fin. Sa tète se troubla; il crut

que j'ay que cette matière soit redressée à son bien, je fais ce qu'il devroit faire; car il nie devroit requérir de venir devers moy, et je le ammoneste pour qu'il vienne, afin qu'il me déclare franciiement son cas, comme le fils doit à son seigneur et père; aussy que je luy die el déclare mon intention, el le vouloir que j'ay envers luy. Et pour ce vous luy direz que je désire et veux qu'il vienne devers moy, car j'ay intention de luy dire chose pour son bien et lacliose publique du royaume que je ne voudrois luy escrire ne dire à autre. Et me semble que quand il aura parlé à moy, il connaîtra bien qu'il ne doit point avoir les doutes et craintes qu'il dit avoir. Afin qu'il n'ait cause de y faire aucun doute, je promets icy en parole de roy en la présence de ceux de mon Conseil qui ici sont, que s'il veut venir devers moy, luy et ceux de son hostel qu'il voudra amener avec luy, y pourront venir et estre seurement. Et quand il aura connu mon courage (mon cœur), et luy aurai déclaré mon intention, s'il s'en veut retourner là où il est, ou ailleurs là où bon luy semblera, il le pourra faire seurement, luy et ceux de sa compagnie, ou demeurer, si c'est sa volonté; mais j'ai bien espérance que quand il connoîtra mon vouloir, il sera plus joyeux ou content de demourer que d'aller ailleurs; et suis bien joyeux que vous, Houarte, qui estes bien privé de luy, soyez venu de par deçà, afin que luy puissiez mieux acertener et raporter les choses dessus dites. » {Recueil général des anciennes lois françaises, etc., t. IX, p. 375.)

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