‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 318 sur 359 · HEURES D'AGONIE · texte numérisé non relu

HEURES D'AGONIE

que son premier médecin, Adam Fumée, était vendu au dauphin, et il le fit enfermer dans la Grosse Tour de Bourges. Peu rassuré par ce qu'il voyait, un de ses chirurgiens s'enfuit à Valenciennes. L'un et l'autre furent plus tard comblés de faveur par Louis XI ^. Dès ce moment, le roi, dont cette fuite avait redoublé les soupçons, refusa toute nourriture. Vainement son jeune fils Charles goûtait, en sa présence, les mets qu'on lui présentait. Lorsque, vaincu enfin par les instances de tous ceux qui l'entouraient, il essaya de manger, il était trop tard. « Alors, dit son historiographe, il se confessa et ordonna commeun bon catholique, fît ses dernières ordonnances et legs tels que bon luy sembla et dit qu'il vouloit être enterré à Sainct-Denys en France, dans la même chapelle que son père et son grand père ^. » Cependant, l'heure de l'agonie était arrivée. Dans une chambre du château de Mehun, la reine, son fils Charles, les capitaines, les conseillers et les ministres le plus dévoués au roi, qui étaient accourus à la nouvelle de sa maladie, se pressaient autour de son lit de mort. Les chanoines de sa chapelle étaient là, et l'un d'eux lisait la passion de saint Jean l'évangéliste. Par intervalles, le roi faisait signe qu'il voulait parler et prononçait, dit un chroniqueur, quelques bonnes paroles. Quand le chanoine qui récitait la passion arriva à ce passage : inclinato capite ernisit spiritum, Charles "VII s'éteignit *. Celui qui avait eu l'insigne gloire de terminer la guerre nationale avec l'Angleterre, qui avait réformé la justice *, organisé

* Annales F landrix, de Mejer, p. 325, v°, cité par M. Raynal p, 48, tibi supra.

* Jean Chartier, dans Godefroy, p. 316.

' Mathieu de Coucy, dans Godefroy, p. 736.

* J'ai parlé plus haut, p. 85 et suiv., des ordonnances rendues en

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