‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 324 sur 359 · DÉTAIL · texte numérisé non relu

DÉTAIL

tous marchands et aultres gens alloient seurement parmi son royaulme^. » Un historien anglais a dit aussi, et cette appréciation mérite d'être remarquée : « Charles YII fut la gloire des François, l'ornement et le restaurateur de la France*. »

La plus grande magnificence fut déployée à ses obsèques. Le dauphin eut le lion goût de ne pas y assister. Si fourbe et si dissimulé qu'il fût, il dut craindre de laisser éclater sa joie devant les Parisiens. C'est à Avesnes, dans le Hainaut, qu'il recommanda l'âme du feu roi son père à Notre-Dame de Cléri et à Notre-Dame d'Embrun. Tannegui Duchatel, qui fut chargé de diriger la cérémonie, n'épargna rien pour lui donner un air de grandeur digne de celui que la France venait de perdre. On avait fait, suivant l'usage, une sorte de mannequin en cuir dont le visage rappelait les traits de Charles YIP; on l'habilla comme celui-ci s'habillait les jours d'apparat, et on le plaça

» Mcmoires de Jacques Du Clerq, p. 175. — Voir aussi Le chant de» laboureurs, dans les VigHIes de Charles Vil, par Martial d'Aurergne.

2 Polvdorus Virgilius, cilé par le P. Daniel, t. Vil, année 1461.

3 Pendant longtemps on s'était servi, pour représenter le mort, da.is les obsèques d'apparat, d'un personnage vivant qu'on haliillalt comme le délunt. On lit dans V Histoire du Languedoc dedom Vaissette, qu'une somme de cinq sous fut donnée, l'an 1300, à un nommé Biaise « pour avoir fait le mort, aux funérailles de Jean de PoJignuc. » Peu à peu, dit M. le comte de Laborde, on devint plus exigeant. Louis d'Orléans disait, quatre ans avant sa tragique mort, dans son testament : « Je vueil et ordonne que je sove mis en habit des religieux Célestins sur une cloye, à la pure terre, sans aucune chose mettre sur ladicte cloye. avant mon visaige et mes mains descouvers. Toutevoies, se mon corps ne se povoit garder sans trop puer, si en soit fait une représentation. » — Après la mort de François I«^^ François Clouet, peinire de la cour, reçut 17 G livres 18 sous tournois, « pour dépenses de son mestin-, par luy faictes pour Vefjujic du dici feu roij. » {La renaissance des arts à la coi r de France, t. 1, p. i8 et 82. )

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