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Philippe le Bel
Louis X et Philippe V
Il barles le Bel
Philippe VI
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Le roi Jean
Icharles V
jCharles VI
Charles VII
Louis XI
Charles VIII
'Louis XII
'François I"
Henri II et François II
Charles IX
Henri III
Louis XIII
Louis XIV
Louis XV
« On peut aisément, à l'aide de cette table, calculer la valeur de la livre actuelle de France dans les différents temps et les périodes qui y sont rapportées. Ainsi, il parait que la livre actuelle ne vaut que 3 deniers 3/5 du temps de Charlemai-'ne, et qu'un million du temps de Charlemagne valoit 66,200,0UU livres de la monnoie actuelle.
« La proportion de valeur des livres de différents règnes, les unes avec les autres, se connoît aussi très-aisément par cette table. Ainsi, on trouvera que la livre sous François 1*' ne valoit
lonne du prix du marc d'argent indique la moyenne de ce prix, ou tout au moins le prix habituel durant une époque déterminée. Or, chacun sait avec combien de précaution il faut se servir de» njoyennef.
XLVIII VALEUft
que 7 sols 6 deniers du temps de Charles V, et qu'au contraire^ la livre sous Charles V valoit 2 livres 13 sols 4 deniers de la monnoie du temps de François !*■■...
« En faisant ces évaluations, il faut toujours se rappeler qu'après la découverte de l'Amérique, on apporta, dans le seizième siècle, une si grande quantité d'argent en Europe, que la valeur de l'argent fut réduite au tiers de ce qu'elle étoil auparavant ; de sorte qu'après )60n. la même quantité de la même espèce de marrhandise coùloil trois fois autant d'argent qu'elle faisoit avant 15(10 1. Cette grande abondance d'argent, jointe à la réduction de la livre numéraire ou de compte, est la cause de la disparité surprenante que l'on remarque entre le prix actuel des denrées et la valeur de ces mêmes denrées dans les siècles passés. »
L'illustre auteur des Recherches sur la richesse des nations, Adam Smith, reconnut, en 1776, qu'on ne pouvait apprécier les valeurs réelles de diffi'rentes marchandises, d'un siècle à un autre, d'après les quantités d'argent qu'on en avait données. 11 fut d'avis, en outre, qu'on ne pouvait, non plus, les apprécier, d'une année à l'autre, d'après les quantités de blé qu'elles avaient coûté, les variations de cette denrée étant quelquefois très- fréquentes et considérables dans un temps fort limité: mais il lui parut que, d'un siècle à l'autre, le blé était une meilleure mesure que l'argent *. Adam Smith constata, de plus, l'augmentation progressive de la valeur de l'argent relativement à celle du blé, ei l'expliqua comme il suit : « Sur la fin du quinzième siècle, et au commencement du seizième, la plus grande partie de l'Europe s'avançait déjà vers une forme de gouvernement plus stable que celle dont elle avait pu jouir depuis plusieurs siècles. Une plus grande sécurité devait naturellement accroître l'industrie et tous les genres d'amélioration, et la demande des métaux précieux, comme celle de tout autre objet de luxe et d'ornement, devait naturellement augmenter à mesure de l'augmentation des richesses *. » Revenant, dans un autre chapitre, à
* C'est cette différence qui constitue ce que l'on a appelé depuis pouvoir de l'argent. — Seipion de Gramont avait dit huit fois, en parlant, il est vrai, du règne de Charles V, soit de 1364 à 1380.
' Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, liv. I, chap. V, édition Guillaumin, p. 47.
8 Ibid., liv. I, chap. IX, p. 232.
DES ANCIENNES MOiNiNAIES. sus
ridée qu'il avait déjà exprimée au sujet de la faculté qu'il attribue au prix moyen des grains de servir d'étalon pour l'appréciation des valeurs, Adam Smith ajoute que, « dans tous les diilérents degrés de richesse ou d'amélioration de la société, le blé est une mesure de valeur plus exacte que toute autre marchandise'. »
L'auteur d'un mémoire couronné en 1789 par l'Académie des inscriptionset belles-lettres, Cliquet de Blervache, traita, à propos de la condamnation de Jacques Cœur, la question relative à la valeur intrinsèque des monnaies vers le milieu du quinzième siècle. 0 JacquesCœur, dit-il, fut condamné à 100,000 écus d'amende envers les peuples et à 300,000 envers le roi. L'écu d'or était de 70 1/2 au marc et le marc d'or valait 97 livres 1 5 sous. 1 00,0U0 écus à 70 1/2 au marc font 1,418 marcs 1/3, lesquels, à 97 livres 15 sous, font 138,t)09 livres de ce temps-là. Les écus dont il s'agit étaient fabriqués avec de l'or à 23 karats 1/2 ou 23 karats 3/4. L'or, à ce titre, vaudrait à présent environ 800 livres le marc.
« Ainsi, 100,000 écus d'or de ce temps- là représenteraient, monnaie d'aujourd'hui 1,134,400 liv.
« Et les 300,000 écus 3,403,200
« Ensemble. . . . 4,537,600 liv. • »
* Liv. I, chap. XI, p. 238. — Un des coramentaleurs d'Adam Smith, Buclianan , avait fait à ce sujet la réflexion suivante ; « Le prix du blé ne règle pas le prix en argent de tous les autres produits bruts de la terre ; il ne règle ni le prix des métaux , ni celui de beaucoup d'autres matières premières; et comme il ne n'gle pas le prix des métaux, ni de beaucoup d'autres matières premières, il ne règle pas non plus celui des objets manufacturés. » Mais un autre commentateur, qui a été en outre le traducteur d'Adam Smith , le comie Germain Garnier, a combattu l'assertion de Buclianan dans une trèslongue note ù laquelle je ne puis que renvoyer le lecteur, et qui se termine comme il suit : h II ne faut voir dans l'argent que du travail fait, qui a été payé par des subsistances et qui vaut ce qu'il a été payé. Ce qu'on nomme le prix du blé en argent est l'expression la plus simple et la plus immédiate de la valeur de l'argent; c'est son évaluation faite en sa véritable monnaie; c'est pour cela que lorsqu'on veut apprécier l'argent dans les temps anciens, la seule méthode est de l'évaluer en blé. Dire que le prix du blé en argent ne règle pas lous les autres prix en argent, c'est briser le seul lien qui mette eu rapport entre elles les diverses valeurs dont se compose la circulation. »
* De l'élat du commerce intérieur et extérieur de la France depuis
L VALEUR
On voit, par ce qui précède, que, malgré les déraonstrations de Scipion de Gramont, de Quesnay, du Journal œconomique et d'Adam Smith, Cliquet de Blervache, se préoccupant exclusivement du poids et du titre des monnaies, ne tenait aucun compte de la différence du pouvoir de l'argent aux deux époques qu'i\ comparait.
Dans une étude estimée sur le Crédit public et les dettes publi* ques, Dufresne Saint-Léon constate que l'inlérél de l'argent, qui était, en d5i4, au denier 12, c'est-à-dire à 8 1/3 pour cent, est aujourd'hui à 5 pour cent; et qu'une somme de 144 livres qui, placée en IS14, rapportait 12 livres de revenu représentant le prix de 120 boisseaux de blé, remboursée aujourd'hui et replacée à 5 pour cent, rapporterait 7 livres 4 sous de rente, ou à peu près la valeur de 4 boisseaux de blé. « 11 résulte de là, dit Dufresne Saint-Léon, que l'argent ou les renies numéraires ont été atténuées depuis 1514 par l'afFaiblissement des monnaies, l'augmentation du prix des choses et la diminution de l'intérêt de l'argent en France, dans la proportion de 30 à 1 . — Placée en acquisition de terre (au denier 13), cette somme de 144 livres aurait rapporté 9 livres 12 sous, prix de 93 boisseaux de blé, suffisants pour la consommation de 3 années. — Aujourd'hui, la même somme de 144 livres, placée en terre à raison du denier 30, rapporterait environ 3 livres 8 sous, pour lesquels on n'aurait que deux boisseaux de blé, ce qui ne suffirait pas à la consommation d'un mois : avilissement de 4,0 à \, y compris l'affaiblissement des monnaies. La même somme de 1 44 livres en poids (c'està-dire le poids en argent qu'aurait donné cette somme en 1514) formant 648 livres en monnaie actuelle, placée en terre à raison du denier 30, produirait environ 19 livres dix sous ou treize boisseaux, ce qui donne environ le rapport de six et demi ou sept à un 1. »
Quesnay et Adam Smith avaient, on l'a vu, posé en principe la fixité de la valeur du blé. Le comte Germain Garnier embrassa complètement leur doctrine, et la développa en 1819 dans un excellent ouvrage sur la monnaie des peuples anciens. Il établit que le prix moyen du grain avait été, sous les premiers rois
la première croisade jusqu'à Louis XII, dans la Collection de mémoires, etc., de Leber, t. XVI.
1 Élude du crédit public et des dettes publiques, p. 274.
DES AiNCIENNES MONNAIES. LI
de Rome, le même que plus tard, pendant la république, sous Constantin, sous Charlemagne et sous Louis XT, et que le rapport entre le blé et l'argent n'avait été modifié que par suite de la découverte du nouveau monde, laquelle avait procuré les métaux précieux aux nations à un sixième environ de la quantité de travail qu'ils leur coûtaient auparavant. Suivant lui, les mercuriales du prix des grains, tant en France qu'en Angleterre, cx)nstatent, de la manière la plus authentique, que, depuis 250 ans, deux gros d'or ou trente gros d'argent fin sont le prix moyen d'une mesure de blé du poids de 240 à 250 livres. Il ajoutait que pour s'assurer de la valeur de l'argent à deux époques comparées entre elles, il fallait recourir au prix moyen du blé en argent à chacune de ces époques. Relativement à la valeur comparative des monnaies, le comte Germain Garnier formula ainsi son système : « Toute chose échangeable qui, dans les écrits des anciens, et généralement dans tout acte antérieur à l'époque où la circulation du monde commerçant fut desservie par l'or et l'argent de l'Amérique, se trouve évaluée en monnaie du temps, doit être aujourd'hui portée à six fois celte évaluation, lorsque nous voulons connaître quelle était alors la valeur réelle d'une telle chose, quel degré de richesse ou de puissance sur le travail d'autrui elle conférait à celui qui en était le possesseur, quelle privation s'imposait celui qui consentait à s'en dessaisir pour en faire don, enfin, quel était le vrai rapport de cette chose avec les autres valeurs consommables *. »
Comme Quesnay, Smith et le comte Garnier, Jean-Baptiste Say admit que, de toutes les marchandises évaluables, le blé était celle dont la valeur avait le moins varié. Il compara une quantité de blé avec une quantité connue d'or ou d'argent à une époque donnée, et il détermina, du moins approximativement, quelle avait été la dépréciation des métaux depuis les temps anciens jusqu'à ce jour.
D'après ses calculs, la quantité de blé contenue dans un hectolitre avait dû, à diverses époques, s'échanger contre une quantité d'argent fin qui était de :
* Germain Garnier, Histoire de la monnaie depuis les temps de la plus haute antiquité jusqu'au règne de Charlemagne , t. I, p. LXViii, l.xxixet57; t. II, p. 355.
ut VALEUR
245 grains sous Chnrlemagne.
sous Charles Vil, vers 1430
en 1514.
en 1536.
en 1610.
en 1640.
en «789.
en 1820.
Dans l'opinion de Jean-Baptiste Say, en corrigeant les unes par les autres les données plus ou moins imparfaites qu'il avait été possible de recueillir sur le prix du blé en argent, antérieurement à la découverte du nouveau monde, on pouvait les réduire à une donnée commune de 268 grains d'argent fin pour un hectolitre de froment. Or, comme il en faut donner actuellement six fois autant, il en concluait, comme le comte Garnier, qui était arrivé au même résultat par des calculs différents, que la valeur propre de l'argent avait décime dans la proportion de six à un.
D'un autre côté, Dupré de Saint-Maur ayant fait observer, dans son Essai sur les monnaies, que, depuis le commencement du treizième siècle, la capacité du setier de Paris était toujours restée à peu près la même, Jean-Baptiste Say basa sur ce fait le raisonnement suivant : Le setier, dit-il, approche beaucoup d'un hectolitre et demi. Le prix moyen de l'hectolitre étant de 19 francs, le prix moyen actuel du setier est de 28 francs 50 centimes. On peut donc, quel que soit le prix du setier, à partir du treizième siècle, traduire ce prix par 28 francs 30 centimes d'aujourd'hui. Jean-Baptiste Say calcula, en outre, ce qu'un florin d'or de Florence, dont la valeur approximative était de 60 francs 13 centimes, aurait acheté de blé au quinzième siècle, et, conformément à la règle qu'il avait posée, il évalua à 28,277,000 francs de notre monnaie la valeur de 470,274 florins d'or qu'avaient laissés à leur mort Cosrae et Laurent de Médicis *.
Jusqu'alors, on l'a vu, le prix du blé seul avait été adopté pour déterminer la relation entre la valeur des monnaies à
1 Cours complet d'économie politique pratique, etc., 111* partie, chap. XIV; édition Guillaumin, p. 429 et suiv.