‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 37 sur 359 · DES ANCIENNES MONNAIES. LUI · texte numérisé non relu

DES ANCIENNES MONNAIES. LUI

deux époques différentes. Un savant illustre, de Pastoret, pensa avec raison que la comparaison du prix des blés à ces deux époques ne suffisait pas et qu'il fallait aussi tenir compte de la valeur des autres objets de consommation, du prix des salaires, etc. « Les tables du marc d'argent, dit à ce sujet de Pastoret, sont suffisantes lorsqu'on ne veut calculer que la différence des valeurs intrinsèques. Mais si l'on voulait apprécier la différence réelle des monnaies et leurs rapports avec les habitudes privées et la fortune publique, il faudrait y joindre un aperçu du prix des objets de consommation, de celui df la maind'œuvre, de celui des salaires, de celui des fermages. Cet aperçu serait fort difficile à établir, je le sais, mais il est indispensable pour une appréciation exacte, et fournirait seul des données nécessaires à ceux qui s'occupent de notre histoire *. »

Dans un intéressant travail qu'ils publièrent en 1835, sur un siège que la ville de Metz eut à soutenir, dans l'année 1444, de la part du roi Charles VII et de René d'Anjou, MM. de Saulcy et Huguenin firent un pas dans la voie indiquée par de Pastoret. Seulement, ils s'appuyèrent exclusivement sur la valeur comparée d'une journée d'ouvrier terrassier au quinzième et au dixneuvième siècle. Les recherches auxquelles se sont livrés à ce sujet MM. de Saulcy et Huguenin se rapportant à l'époque qui fait plus particulièrement l'objet de cette notice, je reproduis le passage relatif au mode d'évaluation qu'ils ont employé.

« En comparant, disent les auteurs de la Relation du siège de Metz, les valeurs relatives du numéraire en circulation dans l'année 1444 et du numéraire en circulation en ^835, nous trouvons que le prix de la journée d'un ouvrier terrassier était à Metz, vers 1444, de 4 deniers messins ou d'une bugne, ce qui, en ne tenant pas compte de la très-petite portion d'alliage, nous donne, en poids, 18 grains d'argent fin pour la journée de travail.

« En 1835, le prix de la journée de travail de même espèce est moyennement de 1 fr. 20 c. ; ce qui nous représente une somme de 113 grains d'argent fin, en négligeant encore les fractions.

« Or, le rapport de 18 à 113 est de un peu plus d'un sixième.

* Ordonnances des rois de France, t. XX, préface ; cité par Leber ; voir plus loin.

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