LIV VALEUR
Il s'ensuit que, pour nous rendre compte de la valeur réelle de toutes les sommes citées dans celte relation, nows devrions en chercher la valeur matérielle au cours actuel de l'or et de l'argent, et sextupler la somme trouvée...
« D'après ce moyen d'estimation, le franc ou florin d'or représentait une somme de 72 francs de notre monnaie actuelle.
« Le sou messin, qui en était le douzième, valait, par conséquent, 6 francs.
« Le gros valait 3 fr. 40 c.
« Le denier » 37
« Enfin, la livre 120 »
« Notre calcul se trouve confirmé dans un article du Journal œconomique du mois de mars 1760. Nous y lisons que la livre de compte de 1760 aurait valu 5 livres 13 sous 6 deniers, sous Charles VIL On voit que ce résultat est, à fort peu de chose près, celui que nous avons obtenu *. »
Deux ans après, un des hommes dont la profonde érudition pouvait le mieux éclairer cette intéressante question, le savant Guérard, lut à l'Académie des inscriptions et belles-lettres un important mémoire sur le Système monétaire des Francs sous les deux premières races ^. Dans une série de propositions relatives à ce système, Guérard prouva, entre autres faits, à l'aide de documents authentiques, et en raisonnant d'après le prix comparé des blés, que, relativement à l'époque actuelle, la valeur de l'argent était, en 794, dans la proportion de 10,73 à 1. « Pour avoir, ajoute Guérard, la valeur relative des monnaies de l'an 794, et probablement des monnaies plus anciennes, nous devrons
• Relation du siège de Metz en 1444 par Charles YII et René d'Anjou, publiée sur les maiiuscrils originaux, par MM, de Saulcy et Huguenin. Metz, 1835, p. 8, note. — On voit, par l'estimation de MM. de Saulcy et Huguenin,que le franc d'or ou florin aurait représenté 72 fr. et la livre 120 fr. de noire monnaie actuelle. Celle estimation est, de beaucoup, la plus élevée qui ait été faite à ce sujet. L'on doit conclure de là que l'abaissement de la valeur propre de l'argent, dans la proportion de 6 à 1, ne peut servir de base pour toutes les évaluations et que cette règle est sujette à des exceptions peut-être noiubreuses.
* Voyez Revue de ta numismatique française, dirigée par MM. Cartier et de La Saussaye, année 1837, p. 406 etsuiv.