‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 60 sur 359 · LA FAMILLE DE JACQUES COEUR · texte numérisé non relu

LA FAMILLE DE JACQUES COEUR

Cœur, son père, était, on le suppose du moins, originaire de Saint-Pou rçain, petite ville du Bourbonnais, et l'un des plus riches marchands de pelleteries de Bourges, où il s'était établie On trouve pourtant, dans les registres du Trésor des Chartes de 1374, des lettres de rémission accordées en faveur d'un Jean Cuer, monnoyer à la Monnaie de Paris, qui avait pris part à une rixe entre les gens de la maison du roi et les bouchers^. On a dit enfin, mais sans en donner aucune preuve, que Jacques Cœur était originaire de Montpellier et fils d'un orfèvre du pays ^.

A peu de distance du palais et de la Sainte-Chapelle de Bourges, au coin de la rue des Armuriers et de celle du Tambourin d'Argent, s'élevait, au quinzième siècle, une maison appartenant à Pierre Cœur, et dans laquelle il est probable que Jacques Cœur avait vu le jour, bien qu'une tradition locale place le lieu de sa naissance dans une autre partie de la ville, aux bords de l'Yévrette *. Comment se passa son enfance ? On peut croire qu'il ne suivit pas long-

bliés par Buchon, dans le Panthéon littéraire, à la suite des Mémoires de Duclerc et de Lefebvre-Saint-Remy, p. 61 2, 2* colonne.

1 La Tliaumassière, loc. cit., p. 84; M. Louis Raynal, Histoire du Berry depuis les temps anciens jusqu'en 1 789. — M. Raynal a consacré à Jacques Cœur un chapitre plein d'intérêt, t. 111, 1" partie, p. 51 à 96.

2 M.. Wichelel, Histoire de France, t. V, p. 377.

3 Pierre Borel, Recherches et antiquités gauloises et françaises ; Paris, 1655. — Borel ajoute très-sérieusemenl que le père de Jacques Cœur était si pauvre qu'il n'avait pas de quoi louer boutique, mais qu'ayant fait la connaissance de Raymond Lulle, majorcain, celui-ci lui communiqua le secret pour faire de l'or, secret qu'il transmit à son fils, « qui feignant avoir beaucoup gagné dans le commerce, couvroit, par ce moyen, l'origine de sa riciiesse. n — Or, le ciianoine d'Âigrefeuille (auteur d'une Histoire de la ville de Montpellier, 2 vol. in-fol., Montpellier, 1738), fait remarquer que « Raymond Lulle éloit mort en 1315. » (T. I, p. 209.)

♦ M. Raynal, loc. cit., p. 53.

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