FABRICATION DES MONNAIES
temps les écoles de la ville , car un de ses contemporains constate qu'il était sans Wuèvatnrc, sine lùteris^, et son père dut l'initier de bonne heure à la vie des affaires. Il avait un frère, Nicolas Cœur, qui entra dans les ordres, et une sœur qui épousa Jean Bouchetel , originaire de Reims et secrétaire du roi Cliarles VI. Un ancien valet de chambre du duc Jean, devenu depuis prévôt de Bourges , Lambert de Loddcrpap ou Léodepart, qui avait épousé Jeanne Roussard, fille du maître de la monnaie de Bourges, demeurait « jouxte la maison de feu Pierre Cœur, » dit un document contemporain. Vers 1418, Jacques Cœur épousa Macée de Léodepart, fille du prévôt, et s'allia ainsi à une famille déjà marquante du pays *.
La fabrication et l'administration des monnaies amenaient, sous l'ancienne monarchie, tantde dilTicultés, qu'on avait institué pour cet objet une juridiction spéciale, la Cour des monnaies, qui a été mariitenue jusqu'à la révolution de 1789. Au quinzième siècle, une ordonnance qui remontait à 121 1 assurait aux ouvriers des monnaies, entre autres privilèges, l'exemption, par tout le royaume, de taille, d'ost et de chevauchée '. La même ordonnance portait
* Thomas Basin, De rébus gestis temporibns Caroli VII et Ludovici ejmfitii ; lib. V, cap. XXIII. Les Mémoires de Thomas Basin ontélé publiés par M. Quiclierat dans la collection de la Société de l'histoire de France.
* J'emprunte ces détails à M. Raynal, qui s'appuie lui-même sur VHistoire du Berrij de La Thaumassière, et sur un État des biens de Macée de Léodeparp, publié par Buclion, à la suite de l'édition des Mémoires de Diiclerc et de Lefebvre-Saint-Remij. — J'ajouterai, relalivement à la date du mariage de Jacques Cœur, que son fils aîné, Jean Cœur, fut nommé en 1440 à l'archevêclu! de Bourges, n'ayant encore que vingt-six ans. On peut conclure approximativement de là, 1" que Jacques Cœur devait être né vers 1395; 2" qu'il dut se marier vers
* L'ost était pour défendre le pays, et la chevauchée son seigneur;