‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 62 sur 359 · PROCÈS INTENTÉ A JACQUES C(EUR · texte numérisé non relu

PROCÈS INTENTÉ A JACQUES C(EUR

que nul ne verrait travailler les ouvriers, ni ne travaillerait avec eux, s'il n'était leur frère, leur fils ou leur neveu. Enfin, si quelqu'un, étranger à la monnaie, frappait un de ces ouvriers, il était tenu de venir nud à eux et de se mettre à leur miséricorde. Les ouvriers des monnaies ne pouvaient être cités que devant le maître des monnaies, si ce n'est dans les trois cas, de meurtre, de rapt et d'incendie ^.

Un procès fâcheux, dans lequel il se trouva impliqué, amena Jacques Cœur devant la juridiction des monnaies. En 1420, un certain Ravant le Danois, ayant quitté Rouen, ruiné par l'invasion anglaise, avait proposé à Charles VII, qui agréa ses offres, de se charger de la fabrication des monnaies à Bourges, à Orléans, à Saint-Pourçain et à Poitiers, Ne pouvant, avec ses propres ressources, tenir tous ses engagements, Ravant le Danois forma, sept ans plus tard, à Boui'ges où, en raison de la situation dans laquelle se trouvait le royaume, la fabrication des monnaies était évidemment la plus importante, une association avec Jacques Cœur et un changeur de la ville nommé Pierre Godard. Or, Jacques Cœur aurait, paraît-il, fait affiner jusqu'à trois cents marcs d'argent au-dessous du titre fixé, « auquel affinage, dit un document officiel , ledit Jacques « a pu avoir proffict de six à sept-vingts écus. » Ravant le Danois reconnaissait bien ce qu'il y avait eu d'irrégulier dans quelques-unes des opérations qui lui étaient reprochées ainsi qu'à ses associés, mais il s'excusait sur l'obligation où il s'était trouvé de faire face aux demandes continuelles que les gens du roi lui adressaient; il était prêt,

mais ces termes furent souvent conîonAas. {Ordonnances des rois de France, t, 1, p. 162, noie.)

* Ordonnances des rois de France, t. 1, p. 30.

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