SERMENT D'UN CONSUL EN
l'esprit entreprenant de sa population. En 1293, six consuls, nommés tous les ans, administraient la ville et jugeaient les contestations commerciales. Cinquante-trois ans plus tard, en 1846, les consuls de Montpellier députèrent un de leurs collègues, Etienne Lobet, à Constantinople, .. « pour mieux régler, disait la délibération, la négociation I « du Levant et pour accommoder quelques différends de « nos trafiqueurs. » Le serment que prêta, à cette occasion, Etienne Lobet peint tout à la fois les caractères et les mœurs du temps. « Moy, Estienne Lobet, consentant à j (I l'élection qui a esté faite de ma personne, du mandement (( et à la réquisition de messieurs les consuls de Montpel- « lier, je reçois l'office de ce nouveau consulat, à l'honneur « de Dieu et pour la commodité des marchands et de toute « la société de Montpellier et de France, et je jure, sur les « saints Évangiles de Dieu que je touche corporellement, « que je me comporterai dans les fonctions de ma charge « en homme de bien et loyal marchand et chef des mar- (( cliands, et que, de toutes mes puissances, je procurerai « l'honneur et l'avantage de mes compagnons et associés, « sans faire rien dans la fraude, mais tout dans la bonne « foy. Ainsi me soit Dieu en ayde ^. »
Dans les environs, deux villes, Narbonne et Algues- Mortes, eurent, par intervalles, quelque importance commerciale. Néanmoins les principaux établissements, les comptoirs étrangers étaient à Montpellier, qui avait aussi des foires célèbres où le Languedoc, le Gévaudan, le
* Pierre Gariel, loc. cit., p. 74. — 11 convient d'ajouler que des actes du même genre étaient demandés, au moyen âge, à tous ceu\ qui étaient investis d'une aulorité, d'un commandement quelconque, ce qui devait, naturellement, aiYaiblir quelque peu la portée morale de «es sortes de serments.