JACQUES COEUR FONDE
lèrent et volèrent pendant si longtemps les malheureux naufragés, n'existait plus en Catalogne, au moyen âge. Enfin, les assurances maritimes furent réglées, ea 1435, à Barcelone, par une ordonnance très-développée, qui servit de code aux autres nations*.
C'est au milieu des circonstances commerciales dont nous venons de présenter l'esquisse , que Jacques Cœur établit à Montpellier vers 1432, probablement à la suite de son voyage du Levant, le centre de ses opérations. Ces circonstances étaient, on a pu en juger, des plus favorables. Emportées par leur jalousie habituelle, les républiques italiennes se livraient des guerres incessantes , et deux d'entre elles , Florence et Gênes , particulièrement la dernière, étaient en proie aux factions intestines. La plus dangereuse rivale de Montpellier, Marseille, n'appartenant pas encore à la France, ne faisait qu'une partie des échanges que réclamaient les besoins des populations méridionales. Affaiblie d'ailleurs par les luttes malheureuses que soutenait la maison d'Anjou pour recouvrer le royaume de Naples, elle était alors hors d'état de lutter avec les Catalans, ses redoutables voisins, qui faisaient à sa marine une guerre acharnée. Enfin, les facilités accordées par Urbain V à la ville de Montpellier pour le commerce du Levant, constituaient, en faveur de cette ville, un privilège qui, habilement exploité, pouvait avoir les plus heureuses conséquences. Aucun document ne fait connaître les ressources avec lesquelles Jacques Cœur entreprit les opérations qui devaient le rendre célèbre. On n'a pas non plus le détail des développements
• Depping, loc. cit., t. II, p. 243 à 277 ; Pardessus, loc. cit., introduction, 3* partie, p. clxxx.