‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 84 sur 359 · DE BARCELONE · texte numérisé non relu

DE BARCELONE

Plus tard, en 1453, la bourse de Barcelone prêta aussi de l'argent au roi don Alphonse V, mais en y mettant pour condition qu'il ne négligerait rien pour conclure la paix avec le Soudan d'Egypte : « Car, disaient sagement les négo- <( ciants, la guerre nous empêche de faire librement, dans « ce pays, un commerce nécessaire à la nation catalane, <( et qui est le principe et la clef du commerce en général. « En effet, une fois les relations avec le Levant troublées, « tout autre commerce s'en ressent plus ou moins. » Les premiers peut-être en Europe, les négociants de Barcelone établirent, dans les divers ports étrangers, des consuls permanents chargés du soin de défendre les intérêts des nationaux. D'autre part, si les ordonnances municipales accordaient appui et protection à ceux qui en étaient dignes, elles punissaient sévèrement les falsificateurs , ce fléau du commerce. Tout homme convaincu d'avoir altéré les denrées du Levant avait le poing coupé ; les drogues falsifiées devaient être réexportées sur-le-champ. Loin de nuire au commerce de Barcelone , la protection accordée par les ordonnances municipales aux étrangers ajoutait encore à sa prospérité. On comptait, en 1420, dans cette ville, quinze maisons allemandes et treize de la Savoie. De leur côté, les Barcelonais étaient devenus d'habiles banquiers, et un grand nombre d'entre eux s'étaient établis en cette qualité en Italie, en Castille, en Flandre et en France, principalement dans la Gascogne. Comprimées par des règlements minutieux, les corporations de Barcelone se traînèrent sans éclat. Les seules industries où elles paraissent avoir réussi sont celles des tissus communs, de la verrerie, imitée de Venise, de la maroquinerie et de la pelleterie. Ajoutons que la coutume barbare en vertu de laquelle les habitants du littoral, même dans les pays les plus civilisés, dépouil-

Page 1