‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 92 sur 359 · PLAINTES UU PARTI DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

PLAINTES UU PARTI DE LA GUERRE

prise de la Pucelle. «Le roy et sesdiz conseilliers, ajoutait- (( ou, se trouvèrent, depuis ladite prinse, plus abaissiez de « bon vouloir que par avant, et tant que nulz d'entre eulx (f ne sçavoient aviser ne trouver autre manière comment le « roy peust vivre et demeurer en son royaulme, sinon par « le moyen de trouver appointement avecques le roy d'An- « gleterre et le duc de Bourgoigne, pour demoureren paix. « Le roy monstra bien qu'il en avoit très grant vouloir et « ayraa mieulx à donner ses héritaiges de la couronne et « de ses meubles très largement que soy armer et soustenir (t les frais de la guerre '. »

Telles étaient sans contredit les réflexions et les critiques que le traité conclu avec le duc de Bourgogne inspira aux chevaliers, aux écuyers, aux partisans de la guerre. Etaitce l'opinion générale? Un document contemporain va nous l'apprendre. En 1444, neuf ans après le traité d'Arras, Charles YII conclut avec l'Angleterre une trêve qui devait être de huit mois et qui fut continuée pendant quatre ans. Or, la nouvelle de cette trêve causa en France une joie universelle^. Délivrés des terreurs au milieu desquelles ils avaient vécu pendant si longtemps, les habitants des villes et des campagnes s'échappaient de leurs maisons ou de leurs bourgs comme d'un cachot, et croyaient sortir d'un long esclavage. Une foule immense des deux sexes se rendait dans les temples pour remercier Dieu. Nombre de citadins allèrent aussi en pèlerinage dans diverses provinces du royaume. Parmi eux, ceux-ci

* Parceval de Caigny ; Chronique de la Pucelle, écrite en 1 438, el publiée par M. Quicherat, dans la Bibliothèque de l'Ecole des Clniries, 2e série, t. Il, p. 171.

2 Thomas Basin, lib. IV, cap. 1. « Populos GalUarum immciisa et quge lix refevri poisit Ixtitia perfudil, »

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