‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 91 sur 359 · TRAITÉ D'ARRAS · texte numérisé non relu

TRAITÉ D'ARRAS

Et des mets qu'on a tous les jours En des tables trop somptueuses '.

L'argent manqua d'ailleurs à Charles VTI pendant la plus grande partie de son règne. En 143T, le Dauphin, alors âgé de quatorze ans, n'avait que dix écus par mois pour ses menus plaisirs; il en eut vingt l'année suivante. Quatre ans après, le roi avait à payer des troupes qu'il commandait, et qui menaçaient de l'abandonner ; il fut obligé d'emprunter à l'église de Vienne une croix et un hanap qui furent mis en gage pour douze cents écus d'or et qu'il rendit plus tard 2. Ne tenant nul compte de ces difficultés, des contemporains le blâmaient d'avoir conclu avec le duc de Bourgogne, en 1435, le traité d'Arras, cette œuvre d'une politique habile qui sauva la France en détachant la Bourgogne de l'alliance anglaise. Ils prétendaient que, depuis son retour de Saint-Denis, le roi montrait si petit vouloir de se mettre en mission de reconquérir son royaume, que tous ses sujets en étaient étonnés. Ses conseillers pensaient comme lui et n'avaient cure que de couler le temps, surtout depuis la

* Martial d'Auvergne, les Vifjilles du Roij Charles sepllesme. — Enfin, on ne sait s'il faut ajouter foi à l'anecdote suivante : « Le roy Ciiarles septicsnie estant à Bourges, et y essayant une paire de bottes neufves, en ayant jà ctiaussé une, il fui contraint de se la faire tirer, pour ce que le cordonnier, ayant appris de luy qu'il n'avoit lors argent, ne le voulut laisser aller, » [Discours des choses advenues en Lorraine, depuis le duc Nicolas jusqu'à René; cité par M. Leber dans son Essai sur l'appréciation de la fortune privée au moyen âge, p. 58, note.)

' L'abbé Legrand , Histoire de Louis XI; Bibl. imp., Ms. — L'histoire manuscrite de l'abbé Legrand est un magniûque travail en six volumes in-folio, accompagné de chartes, de lettres et de documents du plus grand prix. Un historien de Louis Xt, qui s'en est approprié des passages considérables, Duclos, n'a pas même cité le savant et consciencieux auteur dont les recherclies lui ont été si utiles.

Page 1