S LECAMUS DS BEAULIEU
« Giac, il fut très-content. » Quant à la veuve du favori, elle épousa, « assez tost après, » le sire de La Trémouille, qui, d'après ce que rapporte un autre chroniqueur, en eut plusieurs beaux enfants^.
Lecamus de Beaulieu, qui succéda à Pierre de Giac, fit une fin aussi tragique. En peu de temps, il trouva le moyen d'indisposer contre lui toute la cour. « Il gastoit tout ; ne « vouloit que homme approchast du Roy, et faisoit encore « pis que Giac. » Le connétable ne s'était point débarrassé de ce dernier.de la manière que l'on a vue, pour supporter patiemment les impertinences de son successeur. Trahi par un des siens, Lecamus de Beaulieu fut conduit à la promenade, près du château de Poitiers. Deux hommes du maréchal l'y attendaient. « Ils lui donnèrent sur la teste tant « qu'ils la luy fendirent et luy coupèrent une main ; de « sorte que plus il ne bougea, et s'en alla celuy qui l'avoit « amené, et ramena son mulet au chasteau, là où estoit le « Roy qui le regardoit, et Dieu sçait s'il y eut beau « bruit ^. »
Mais ce bruit dura peu. Il fallait un favori à Charles YII ; le connétable lui donna Georges de La Trémouille, le mémo qui l'avait si bien secondé dans son expédition nocturne contre Giac, et qui avait épousé sa veuve. C'était, disait le connétable pour le faire accepter, un homme puissant et qui pourrait bien servir le roi. Cependant, Charles VII fit plus de difficultés qu'à l'ordinaire. « Vous me le baillez,
* Denj's Godefroy, Histoire de Charles VII, p, 15, 374, 493 et Ihl, — On sait que celte liistoire n'est autre cliosc que la collection des chronique.s de divers auteurs contemporains, tels que Chartier, Berry, Mathieu de Coucy, etc., sur le règne de Charles VII.
2 Guillaume de Griiel, Vie du connétable de Richement, dana Godefroy, p. 751 et 762.