‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 96 sur 359 · LA TRÉMOUILLE · texte numérisé non relu

LA TRÉMOUILLE

« beau cousin, dit-il au connétable, mais vous vous en repen- « tirez, car je le connais mieux que vous. » Et, dit un chroniqueur contemporain, La Trémouille ne fit point le roy menteur. Bientôt, ce favori devint plus nécessaire à Charles VTI que ne l'avaient été Giac et Lecamus ; le connétable n'eut pas alors d'ennemi plus puissant. Instruit par le sort de ses devanciers , sachant de quelle manière on se débarrassait des favoris incommodes , La Trémouille prit ses précautions, et son crédit se maintint environ six ans. Ce fut dans cet intervalle que Jeanne Darc vint à la cour. La Trémouille ne négligea rien pour diminuer l'inûuence qu'elle avait bientôt conquise, et il n'y réussit que trop bien^. Avide, faux, violent, il se rendit odieux à tous. En 1434, une conspiration fut ourdie contre lui, à la cour môme, et en quelque sorte avec l'assentiment de la reine. Une nuit, quelques Bretons dévoués au connétable pénétrèrent dans la demeure du favori, et l'un d'eux lui donna dans le ventre un coup d'épée qui l'eût tué, sans son embonpoint. Un de ses neveux, qui était de la conspiration, lui sauva la vie '.

Mais ces violences ne ternirent que les premières années du règne de Charles VII, et l'on peut dire qu'à partir de la chute de La Trémouille, la funeste influence des favoris sans talent cessa de compromettre la marche des affaires en même temps que la dignité du pouvoir. Les jalousies, les haines, les ambitions effrénées ne disparurent sans doute pas de la cour, mais elles y occupèrent une moindre place, et pendant que le cœur humain, là comme ailleurs, plus

* M. J. Quicherat, Aperçus nouveaux sur l'histoire de Jeanne d'Ârc^ p. 25.

* Godefroy, lac. cit., p. 7 52. — M. Henri Martin, Histoire de France, t. VII, p. 33 et suiv.

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