BLASPHÉMATEURS ET SORCIERS
grandes opérations militaires du règne de Charles YII furent dirigées par le connétable, dont l'heureuse influence se manifesta également dans la rédaction des célèbres ordonnances qui organisèrent les armées permanentes. On a pu juger de son caractère et des mœurs du siècle par la double exécution de Giac et de Lecamus de Beaulieu. D'après un auteur contemporain, il n'y avait pas, de son vivant, un meilleur catholique. Non-seulement il n'avait jamais blasphémé, mais s'il entendait un blasphème et que le coupable fût sous ses ordres, il le punissait rigoureusement. On ne sera pas surpris (ju'avec ces dispositions, le connétable professât une profonde aversion pour les hérésies et pour les sorciers et sorcières. « Bien y parut, ajoute son panégy- « riste, car il en fist plus brusler en France, en Poictou et « en Bretagne, qu'aucun autre de son temps. » Né en 1393, il était attaché à Charles YII depuis 1424, époque où celui-ci
« de laquelle il a esté de vous bien content, et, à ce que me peut « sembler, le fait de beau cousin vostre filz en pourra mieulx valoir; « mesmement que pour tousjours mieux le entretenir en bons termes, « il semble et aussi je le vous conseille à venir de vers lui en la ville « de Bar, où, à l'aide de voz amis, vous pourrés bien besogner. Au « surplus, j'ay tant fait que jusques à ce que ledit beau cousin vostre « filz soit venu pardevers mondit Seigneur, vous prandrés et ferez « lever par voz mains cependant la revenue de la terre et comté sur la- « quelle vous ferez ordonnance de vivre à mes gens que mondit Sei- « gneur y commect pour la garde, lesquelz je vous prie tousjours avoir » pour bien recommandez et croire féablement mondit conseiller de « tout ce qu'il vous dira de ma part. Et se chose voulez que je puisse. « la me faites savoir et je la feray d'un si bon cuer, très-chere et améf « cousine. Dieu vous ait en sa sainte garde cependant. X Saint Myel, « le IllI* jour de mars. Le comte de Richemont, seigneur de Parte- « nay, connestable de France, Artur. — Contre-signe : Benhelot. »
(La signature seule est de Richemont. Le texte de la lettre parait être de l'écriture de Berthelot. — Cette pièce faisait partie de la riche collection d'autographes lîu baron de Trémont.)