‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 99 sur 359 · LE BATARD D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

LE BATARD D'ORLÉANS

l'avait nommé son connétable pour sceller la réconciliation de la Bretagne et de la France que de misérables querelles divisaient depuis plusieurs années, à la grande satisfaction des Anglais *.

Plus aimé du roi, qui le combla de biens et d'honneurs, le bâtard d'Orléans était, hiérarchiquement, subordonné à l'autorité du connétable. C'était, on le sait, le fils naturel de ce duc d'Orléans, frère de Charles VI, assassiné en 1407 par Jean sans Peur. Peu d'hommes ont rendu à leur patrie d'aussi grands services que Dunois; rarement aussi la popularité a été plus juste qu'à son égard -. Le bâtard d'Orléans fut du très -petit nombre des personnages de la cour de Charles VII qui crurent à l'inspiration de Jeanne Darc et qui la secondèrent. Un jour, elle accompagnait Charles VII qui retournait avec son armée à Château-Thierry. Une foule immense la suivait criant : Noél! Noël! pleurant de joie et chantant le Te Deum. «En nom Dieu,

' Guillaume Gruel, dans Godofroy, loc. cit., p, 741 et suiv.

* Sa bonté et sa cliarité éclalent dans la lettre qu'il adressa le 20 septembre... à madame de Dampierre, sa commère. Cette charmante lettre faisait aussi partie de la collection de Trémont.

0 Madame ma comère, je me recommande à vous tant comme je « puys; je vous envoie Gauvayn avecque tel messaige que debvrez vous « en esmerveiller de ma part, qui est ce petit enfant lequel ay depuyz « deux jours et le veulx sortir de nos marches l'ayant resçu d'une (i povre famé, laquelle ayant ung franc archer navré de grant plaie, et « le tenant à son col, me l'a se tellement recommandé que je le prlnsse « que ne l'ay peu refuser, et le vous veul\ aussi recommander et ([ue (( faciez prier pour la povre dicte famé, laquelle avant que moiir, il se confessa et prist touz les sacremenz comme bonne threslienne, « me priant bien de son dit enfant et de son ame. De quoy vous en « retorne jouxte la promesse que luy en ay faiclc, priant notre be- « noit créateur vous donner en sa grasse bien bonne vye et vos désirz, « De sainct Benoict, XX« jour de sétambre. Le tout votre bon com-

« père, LE BASTARD D'OrLÉANS. »

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