UN ROUTIER DETEND VIEUX
ment à la place de l'évéque. Le Languedoc, où il avait annoncé l'intention a de chevaucher en long et en travers a jusqu'à totale destruction, » vivait dans la terreur de son nom. Les provinces voisines n'étaient pas plus rassurées. Le Quercy principalement était, depuis un siècle, en proie à ces bandes malfaisantes de routiers. Aussi n'existait-il plus vers 1440, à quelque distance des grandes villes , ni cultures , ni chemins , ni délimitations de propriétés. Des villages entiers avaient disparu. Gramat, ville autrefois florissante, était réduite à sept habitants. Toutes les maisons y formaieut des amas de décombres1. Le méchant Rodrigue, comme l'appelaient les populations du Midi, était, plus que Charles VII, le roi de la contrée. Un jour, quelques-uns de ses hommes tuèrent le bailli du Berri. Une autre fois, la reine elle-même le supplia de ne pas visiter la ville de Tours où elle se trouvait. Un peu plus tard, il rencontra les fourriers du roi et les battit. Outré de colère, indigné de tant d'audace, Charles VII se mit à la tête de quelques troupes et dispersa la grande compagnie de Rodrigue , qu'il bannit du royaume , donnant permission au premier venu de courir sus à ses routiers, s'ils se montraient sur le territoire, et de les tuer comme des testes nuisibles. Cependant, une brillante expédition en Guienne contre les Anglais fit rentrer Rodrigue en grâce. I) entreprit ensuite dans le Roussillon, en compagnie de Xaintrailles et d'un des bâtards de Bourbon, une campagne au retour de laquelle les habitants de Toulouse lui donnèrent une gratification de deux mille écus d'or, à condition qu'il n'entrerait pas dans la ville. Devenu vieux, atteint par les infirmités, Rodrigue se retira à la cour de
1 Chronique manuscrite du Quercy, par l'abbé de Foulhiac, citée par M. Quicherat, dans sa noUce sur Villandrando.