SERMENTS EXIGÉS DES CAPITAINES
baïonnette qu'il portait au côté. Chaque compagnie formait donc un corps de six cents hommes, tous à cheval. Bientôt les compagnies s'accrurent d'un grand nombre de volontaires qui sollicitèrent comme une faveur d'y être admis, dans l'espoir de devenir hommes d'armes à leur tour. L'effet de cette organisation avait été en quelque sorte instantané. Au bout de quinze jours, disent les chroniqueurs, tous les soldats qui n'avaient pas été désignés pour faire partie des compagnies étaient rentrés dans leurs foyers, et les routes étaient devenues plus sûres qu'elles ne l'avaient été depuis plus d'un siècle. En môme temps, et à partir de ce jour, l'importance personnelle des grands vassaux de Ja couronne décrut sensiblement. La chevalerie, c'est-à-dire cette classe de seigneurs et de barons si longtemps toutepuissante à cause des services, chèrement payés d'ailleurs, qu'elle rendait au pouvoir royal, cessa bientôt d'exister1.
Avant de prendre possession de leurs compagnies, les capitaines avaient dû prêter un serment significatif qui peint la situation : « Je promets et jure à Dieu et à Nostrea Dame que je garderai justice et ne souffrirai aucune pilct lerie et pugnirai tous ceux de ma charge que trouveray « avoir failli, sans y espargner personne, et sans aucune « fiction, et ferai faire réparation des plaintes qui viendront « à ma connoissance à mon pouvoir, avec la pugnition des « susdits; et promets faire faire à mon lieutenant scmblac ble serment que dessus 2. » Les capitaines des compagnies et leurs lieutenants étaient donc en quelque sorte des prévôts, des justiciers, institués par la royauté pour protéger la société, notamment les laboureurs et les commer-
* Le P. Daniel, Histoire de la milice française, t. I, p. 21 S. s Ibidem, l. I, p. 227.