LES FRANCS ARCHERS
çants, contre les dévastations des routiers, écorebeurs et retondeurs. L'autorité militaire, enfin disciplinée, était appelée à retirer la Frauce du chaos où la guerre et ses snites l'avaient plongée.
La cavalerie organisée, Charles VII s'occupa des milices. Antérieurement à ce prince, et si l'on en excepte quelques troupes d'arbalétriers et d'archers, pour la plupart Génois, Finfanterie française n'était, a-t-on dit, composée que de « marauds et bel lis très, mal armez , mal complexionnez, « fainéans, pilleurs et mangeurs dépeuples1. » Une ordonnance de 1448 institua la milice des francs-archers, a En « chacune paroisse de nostre royaume y aura un archer « qui sera et se tiendra continuellement en habillement a suffisant et convenable de salade, dague, espée, arc, « trousse, jaque ou huque, brigandine*, et seront appelez « les francs-archers, lesquels seront choisis par nos eslus a en chacune élection, les plus droits et aisez pour le fait « et exercice de l'arc qui se pourront trouver en chacune « paroisse sans avoir égard ne faveur à la richesse. » Le roi promettait quatre francs par mois aux francs-archers pour
1 Brantôme, Discourt des colonels, cité dam le P. Daniel, 1. 1, p. 237.
* Voici, d'après le P. Daniel, t. 1, p. 340 et sulv., la définition de quelques-uns des objets qui composaient l'habillement du franc-archer. — La salade était une espèce de casque léger sans crête, avec ou sans Tisière. Le Jaque ou huque était une sorte de justaucorps, renflé de eoton, et qui descendait au moins jusqu'aux genoux. La brigandine était un corselet fait de lames de fer, garni de velours à l'intérieur ; la trousse, un carquois pouvant renfermer au moins dix-huit traits. Enfin, parmi les francs-archers, il j en avait qui portaient le nom de gulaarroiers, à cause de la gulsanne, espèce de hallebarde garnie par un bout d'an fer large et pointu. On lit dans le roman de Hou :
Et tous ate* lances aiguës Et*guisarmes bien énoolluës.
Louis XI remplaça la dague et l'épée de ses milices par la guiearme.