‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 118 sur 327 · EN QUOI CONSISTAIENT SES FONCTIONS. H · texte numérisé non relu

EN QUOI CONSISTAIENT SES FONCTIONS. H

chargé pendant quelque temps de la fabrication des monnaies à Paris et à Bourges, et entretenant avec les ports du Levant, de l'Italie, de la Catalogne et de l'Angleterre, des relations que chaque année voyait s'accroître, posait les bases d'une immense fortune. La perception des impôts étant enfin redevenue régulière, le roi put appliquer aux dépenses de sa maison une partie des revenus du domaine si longtemps absorbés par les frais de la guerre. C'est alors (1438) qu'il rétablit la charge d'argentier dont il confia leB fonctions à Jacques Cœur, qui dut y trouver la source de nouveaux profits; mais ces fonctions ne donnaient pas, comme l'ont pensé quelques historiens, la direction des finances publiques. Les attributions beaucoup plus modestes de l'argentier consistaient à recevoir des trésoriers généraux une certaine somme affectée aux dépenses de la maison royale, à condition d'en faire connaître annuellement l'emploi à la chambre des comptes. Un des prédécesseurs de Jacques Cœur dans ces fonctions touchait, au quatorzième siècle, quatre cents livres pour ses gages *. Il est vrai que,

1 ■ àrgentariia. — Ejusmodi munus fuit argentarii Régis in aula Re- « gum nostrorum, pênes quem Thesaurarii Régit exfisco quotannis certam « pecvnim summam deponebant ad domus regix impensas, de qua ra- « tiones inibat in caméra compuîorum : is autem an. 1351. 400 iib.

• pro vadiis percipiebat , ut docemur ex computo Stephani de la Fon- ■ taine, argentier du Roy, quod in ea caméra asservatur. » — Du Cange, Gtotsonum ad scriptores médise et infimx latinitaiis, t. I.

Vold, en outre, comment Olivier de la Marche définit les fonctions de l'argentier des ducs de Bourgogne. « Là sied l'argentier auquel « sont baillez les appointemens pour payer les dons des ambassades et c voyages, le faict des habillemens et garderobbe, et autres choses

• extraordinaire*. » Estât de la maison de Charles le Hardi, — Des finances. CoUeclion Michaud et Poujoulat, t. III, p. 581.

Les fonctions d'argentier n'étaient donc pas, comme on l'a cru généralement, l'équivalent de celles de surintendant des finances ou de contrôleur général.

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