‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 119 sur 327 · LA DRAPERIE DE BOURGES AU QUINZIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

LA DRAPERIE DE BOURGES AU QUINZIÈME SIÈCLE

sans compter d'autres avantages qui y étaient peut-être attachés, la charge d'argentier procurait à Jacques Cœur celui de vivre à la cour et le mettait à même d'obtenir, pour son commerce avec le Levant, des facilités et des privilèges dont il ne manquait pas de tirer profit. On peut croire encore que Charles VII avait quelquefois recours aux richesses de son argentier pour faire face à des dépenses urgentes. Reconnaissant des services qu'il en avait reçus, « tant en sa « charge d'argentier qu'autrement, et en considération de « ses mérites, » il lui accorda, au mois d'avril 1440, des lettres d'anoblissement, ainsi qu'à Marie de Léodepart, sa femme, et à leurs enfants 1.

Naturellement, les compatriotes de Jacques Cœur usèrent de son crédit pour obtenir du gouvernement les mesures qu'ils croyaient utiles a leur contrée. On se souvient que la fabrication de la draperie avait été fort en honneur à Bourges , antérieurement au quinzième siècle. Plus tard , le3 fabricants de Rouen surpassèrent ceux du Berri. Pour combattre cette rivalité redoutable, les fabricants de Bourges crurent qu'il suffirait de soumettre leurs statuts à une révision rigoureuse. Au mois de juillet 1443, Charles VII chargea quelques personnes , parmi lesquelles figuraient l'archevêque de Vienne et Jacques Cœur, de préparer de nouveaux statuts pour la draperie de Bourges. Le roi espérait ainsi « accroître en biens temporels sa ville de « Bourges, qui est située et assise loing de port de mer, et

1 Bibl. imp. Mb. Dupoy, vol. 755, fol. 108, verso. — Nobilitatio Jacobi Cor dis y argentarii c/ni Régis, per litteras datas Lauduni, menst apriti 1440. (M. Uaynal. Histoire du Berry, t. III, p. 60.) — Ces lettres d'anoblissement eussent été précieuses à consulter, attendu qu'il devait certainement y être Tait mention des titres de Jacques Cœur i cette faveur ; mais la collection Dupuy n'en donne que le titre.

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