‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 124 sur 327 · PAR JACQUES CŒUR. H · texte numérisé non relu

PAR JACQUES CŒUR. H

rains ont supposé qu'elles avaient été l'origine de sou immense fortune. « Sans le bail de la Monnoie, disait-on, il « u'en oust tiré si grand prouffit. » Des pièces authentiques permettent aujourd'hui de réduire à leur juste valeur ces appréciations. Après la condamnation de Jacques Cœur, le roi s'empara des mines de son argentier et les mit en régie. Or, les comptes officiels de cette gestion du 1er janvier 1454 au dernier jour de février 1455 constatent que, pendant ces treize mois, la recette, tant de l'argent, du plomb et du cuivre que de diverses dépendances des mines, s'était élevée à 16,563 livres, sans compter environ 2,000 quintaux de plomb, et que les dépenses d'exploitation et de réparations avaient excédé les recettes de près de 2,300 livres. Enfin, l'exploitation de ces mines ayant été, après cet essai, confiée à un entrepreneur, dans l'espoir d'en tirer meilleur parti, celui-ci renonça bientôt après à son bail, et Ton fut obligé de pourvoir à son remplacement1.

Ce n'est donc point aux mines du Lyonnais que Jacques Cœur dut sa prodigieuse fortune. S'il ne les avait pas abandonnées lui-même, c'est probablement à cause du prestige qui s'attachait à cette exploitation. Se flattait-il de l'espoir,

à Jacques Cœur, sont : 1° De la police des mines en France, par F. Garraolt, 1579; dans Gobet, t. I, p. 38; 2° De l'exploitation des mines, par Jars (ils, 1765; dans Gobet, 1. 1!, p. 618.

1 ArchiTes de l'Empire ; Comptes des mines de Jacques Cœur , K. 329. - Voir pièces jusUncatives, n° 6.

L'auteur d'un intéressant Mémoire pour servir à l'histoire des mines des environs de Lyon, M. Poyet, ingénieur civil des mines, estime que cet insuccès ne prouve rien, et il en trouve la cause dans l'intervention, plus coûteuse et moins attentive, des agents du gouvernement; mais ee ne sont là que des inductions. Il constate, il est vrai, que, vingt ans après, en 1 175, un des enfants de Jacques Cœur exploitait encore les mines du Lyonnais. (Mémoires de l'Académie des Sciences, Belles' lettres et Arts de Lyon, 1861.)

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