‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 125 sur 327 · POPULATION DE F.A FRANCK · texte numérisé non relu

POPULATION DE F.A FRANCK

ordinaire en pareil cas, d'obtenir avec le temps des résultats plus fructueux? D'autre part, Tordre qui se raffermissait de jour en jour, la prospérité renaissante des campagnes, l'augmentation de la richesse et celle de la population qui en étaient la suite, lui permettaient sans doute d'étendre chaque année ses spéculations, et, dans l'immense mouvement de ses affaires, la perte que lui occasionnaient peutêtre les mines du Lyonnais était un fait saqs conséquence.

Quelle fut la population de la France au quinzième siècle? Aucun document contemporain ne permet d'en faire l'évaluation, même approximative. Une étude approfondie du développement qu'elle avait dû atteindre pendant le siècle précédent a, il est vrai, donné des chiffres inattendus. D'après un manuscrit du temps on comptait en France, en 1328, dans les seules terres dépendantes de la couronne et sujettes à l'impôt des aides, 2,564,837 feux. Gomme elles représentaient à peine le tiers de rétendue de la France actuelle2, le nombre de feux qui pouvaient exister à cette époque dans la partie de territoire dont elle se compose artuellemeut a été évalué à 7,691,511. Même en n'admettant que quatre personnes et demie par feu ou famille, bien que la moyenne généralement adoptée soit de cinq personnes,

1 C'est la Manière comme le subside fut faict pour l'ost de Flandre, en 328 (1328); Bibl. imp., ancien fonds, n° 9,475; cité par Duieau de la Malle, dans un curieux Mémoire sur la population de la France au quatorzième siècle, t. XIV, 2* partie, des Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

* La France, en effet, ne comprenait pas les provinces possédées alors par les rois d'Angleterre et de Navarre, les comtés de Foix et d'Armagnac, Bayonne et ses dépendances, le Roussillon, la Bourgogne, la Franche-Comté, la Flandre, le Hainaut, le Camnrésis, l'Artois, la Bretagne, la Lorraine, le Barrois, l'Alsace, le Dauphiné, la Bresse, le Bugey, le comlal Ycnaissin et la Provence.

AU QUATORZIÈME SIKCLE

on arrive à une population de plus de trente-cinq millions d'habitants. On a ajouté que les vilains possédant au-dessous de dix livres parisis, et les serfs, fort nombreux encore alors, ne figuraient pas dans ce dénombrement. Faisant entrer en ligne de compte cette multitude immense d'ecclésiastiques et de personnes religieuses des deux sexes, les universités, le corps entier de la noblesse, tous exempts de subsides, un savant académicien a prétendu qu'il y avait eu, en France, du quatorzième au dix-huitième siècle, une sensible diminution de l'espèce humaine. « Il est hors de « doute, ajoutc-t-il, que les cent seize années de guerre « d'extermination que se firent les Français et les Anglais « depuis 1336 jusqu'en 1452, plus l'interruption de la cul- « ture causée par ces guerres et les ravages des compagnies « de brigands armés qui occupèrent le pays pendant un u siècle tout entier, enlevèrent une grande partie de la poa pulation française. Elle se releva dans la dernière moitié o du quinzième siècle et les soixante-dix premières années a du seizième ; s'aflbiblit de nouveau dans les guerres de « religion, sous le règne de Louis XIV par la révocation de « l'édit de Nantes et la guerre de succession. Enfin c'est dea puis la régence jusqu'à nos jours que la population est « dans un état de progression constante.... 1 »

1 Dureau de la Malle, ubi supra. — Le témoignage de Dureau de la Malle est confirmé dans les termes suivants par M. Léopold Delisle, dans ses Études sur la condition de la classe agricole et l'état de V agriculture en Sormandie au moyen âtje : « M. Dureau de la Malle, dit M. Léopold « Delisle, p. 17 4, prétend qu'au quatorzième siècle la population de « la France était au moins aussi considérable que de nos jours. Aon» « sommes assez porté ù adopter cette opinion. En parcourant les cen-

• siers et autres registres du quatorzième siècle, on est frappé de la

• multitude des personnes qui y sont nommées dans chaque paroisse. » On y remarque que chaque famille renferme beaucoup d'enfante.

• D'un autre côté, les l'glises balles au moyen Age sont presque lou-

Page 1