‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 15 sur 327 · LXV1I · texte numérisé non relu

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tion, il faudrait savoir si les prix qui nous ont été transmis s'appliquent à une année do disetle ou d'abondance, à l'été ou à l'hiver, à Paris ou à la campagne, enfin à telle ou telle province. Faute de ces renseignements, et pour peu qu'on veuille raisonner du particulier au général, on est exposé à tomber dans les plus grandes erreurs. L'exemple suivant en donnera une idée.

On sait que Dupré de Saint-Maur a indiqué, dans son Essai sur les monnaies, le prix d'un grand nombre d'objets de consommation pendant cinq siècles entiers, du treizième au dix-huitième ». On voit, à l'année 1454, qu'un pourceau fut vendu 27 sous.

D'un autre côté, M. Léopold Delisle constate dans ses Études fur la classe agricole en Normandie, que, la môme année, un pourceau fut vendu à la Haye-du-Puits, 2 s. 4 d.

En appliquant à ces deux prix la règle que nous venons de poser, on arrive à ce résultat:

D'après le prix donné par Dupré de Saint-Maur, un pourceau aurait été vendu en 1454 51 fr. 30 c.

D'après le prix indiqué par M. Delisle 4 44

Suivant toutes les apparences, le renseignement fourni par Dupré de Saint-Maur serait applicable à la vente, effectuée à Paris, d'un pourceau beaucoup plus gros que celui dont le prix a été relevé dans un village de Normandie. Les deux indications peuvent donc être considérées comme parfaitement exactes ; cependant on voit à quelles conclusions elles peuvent mener.

Les prix relatifs des denrées au moyen âge et de nos jours ne peuvent donc guère, on le voit, servir de terme de comparaison. De même, en ce qui concerne le salaire des journaliers de la campagne, il serait utile de savoir si la nourriture leur était donnée en sus, ce qui arrivait fréquemment, sans que ce fût pourtant une règle générale.

1 Essai sur les monnoiet, ou "Réflexions sur le rapport entre l'argent et les denrées. Parig, 1746. — Il semble que cet ouvrage devrait traiter la question de la valeur relative des monnaies; il n'en est pourtant rien. Dupré de Saint-Maur se borne à faire remarquer dans une note {prix de Vannée 1 202 ) que, depuis cette époque , la plupart des choses sont enchéries de 1 à 40 environ. Ainsi , dit-il , c uno livre d'élain commun est montée de 6 deniers a 20 sous ; une livre de cire, de 1 son 2 deniers à 48 sous, etc., etc. »

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