‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 163 sur 327 · OPÉRATIONS FINANCIÈRES · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS FINANCIÈRES

« dre en recevant ladite perle1. » Quatre ans plus tard, le 10 août U52, Marie d'Anjou se plaignait à Jean Pasquier de son retard à lui bailler soixante escus d'or neuf qu'elle lui avait demandés pour la fin du mois de juillet précédent. Marie d'Anjou ajoutait qu'elle le prioit « de ne plus diffé- « rer, lui promettant de bonne foi et en parole de reine, de « les lui rendre dans le mois de septembre suivant, quand « Michel Guillart seroit de retour du pays de Languedoc, « où elle l'avoit envoyé pour le fait de ses finances2. »

De nombreux reçus établissent que Jacques Cœur vendait, sur avance, aux plus grands seigneurs de la cour, au comte du Maine, à l'amiral de Bueil, à Dunois, à Gaspard Bureau, et à une foule d'autres, les armes, les harnais, les soieries, les velours et autres étoffes dont ils avaient besoin 3. « Jacques Cuer, dit un document olliciel contem- « porain, qui, pour lors, estoit conseiller et argentier dudit « seigneur le Roy, et avoit grant autorité devers lui, four- « nissoit son argenterie de toutes denrées4... » On voit

1 Inventaire des papiers, etc., pièces justificatives, n# 2.

* Catalogue des lettres autographes du Cabinet de M. le baron de L. L. Paris, Charon, 1840.

s Inventaire des papiers, etc., pièces jusliflcaliTes , n° 2. — Un membre correspondant du Comité des travaux historiques, M. Marchegay, a communiqué au Comité, en 180?, la copie d'un reçu de Jacques Cœur, Taisant connaître une particularité curieuse. L'amiral Prégenl de Coëtivy avait Tait prisonnier un Anglais, auquel il consentit à rendre la liberté, moyennant une somme de l,.r»00 écus garantis par Jacques Cœur. Sur ces entrefaites, Coetivy fut tué d'un coup de canon au siège de Cherbourg. Quand la rançon fut payée, Jacques Cœur la retint, dit le reçu, « pour certaine grosse somme en quoy mondit seigneur l'aa mirai m'est tenu. » Prégent de Coetivy se proposait sans doute de payer les fournitures que lui faisait l'argentier avec la rançon du prisonnier anglais. La mort, qui survint, l'empêcha de s'acquitter en entier.

* Actes judiciairet concernant la vente des biens de Jacques Ctrur .

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