‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 182 sur 327 · SUPÉRIORITÉ DES PEINTRES ÉTRANGBRS · texte numérisé non relu

SUPÉRIORITÉ DES PEINTRES ÉTRANGBRS

Nicolas V reconnaissant envers Charles VII des service» qu'il en avait reçus, voulut avoir son portrait et celui des négociateurs qui avaient particulièrement contribué à l'extinction du sebisme. Peu confiant dans le talent des peintres français, Nicolas Y envoya en France un artiste florentin, Pietro délia Francesca, qui fit les portraits du roi et de divers personnages. Transportés à Rome, ils furent placés au Vatican1. Enfin, un document contemporain constate que Jacques Cœur avait fait exécuter «certains tableaux pains, qui « avoient esté faiz pour l'estorement (la décoration) de la « chapelle du grant hostel2. »

Nul peintre français du quinzième siècle ne marqua donc 3a place auprès de Jean Van Eyck et des grands artistes de l'école italienne du môme temps, tels que Fra Philippe Lippi, AndrcaMantegna et tant d'autres ?. Le roi René d'Anjou eut, il est vrai, une passion vive pour la peinture; par malheur, le goût des arts ne supplée pas le talent, et

» Féïibien, Entretiens sur la vie des peintres, t. I, p. 123, cité dans Guasro, Dissertations littéraires, 1. 1, p. 247. — Il serait intéressant pour la France de savoir si ces portraits se trouvent encore au Yalican.

» Vente des biens de Jacques Cœur; pièce justificative, n# 1, extrait N.

3 Fra Phillppo Lippi était né vers 1412 et mourut en 1469

Mantegna — 1431 — 1506

Pérupin — 146C — 1524

Léonard do Vinci — 1452 — là 19

Pinturicchio — 1454 — 1 S 1 3

Luinl — 1460 — 1530

Le Titien — 1477 — 1579

Benevenuto Tisio — 1481 1559

Raphaël Sanzio — 1483 — 1520

Un grand nombre d'autres artistes italiens sont nés dans le quinzième siècle ; je ne cite ici que ceux dont la France possède quelque tableau qui ait été jugé digne de figurer dans le grand salon du musée du Louvre.

PEINTURES DU RÔI ftÊNÉ. 189

celles de ses œuvres qui sont restées annoncent plus de bonne volonté et de persévérance que de génie *. Les contemporains du roi René et les chroniqueurs provençaux le jugèrent, à la vérité, différemment. Un historien de Provence a dit de ce bon et excellent prince, si populaire, môme de son vivant, quoique malheureux dans toutes ses entreprises, mais peintre et poëte médiocre, que « sur « toutes choses aimoit, et d'un amour passionné, la pein- « ture, et l'avoit la nature doué d'une inclination tant v. excellente à ceste noble profession qu'il estoit en bruit et « réputation entre les plus excellens peintres et enlumi- « neurs de son temps, ainsi qu'on peut voir en plusieurs

1 M. Alnx. Lenoir a reproduit dans son ouvrage sur le» Monuments des arts libéraux, mécaniques et industriels de la France, depuis les Gaulois jusqu'à François ltT (un vol. in-folio, p. 4G), le dessin d'un tableau du roi René à deux volets, nu sujet duquel il fournil divers renseignements. M. Lcnoir remarque que te roi René peignait dans le genre de Jean Van Eyek, avec lequel on suppose, qu'il entretenait des relations. — Le musée de l'Iiotcl de Cluny possède du roi René un tableau peint Mir bois représentant Marie-Madeleine à Marseille, « Ce tableau, dit ■ avec raison le catalogue du musé?, emprunte une grande partie de « sou Intérêt a son royal auleur. — Sur le premier plan sont les flt gures du roi René et de la reine Jeanne de Laval. Autour d'eux sont « groupé.-» les habilanls de Marseille, rangés en cercle devant Marie-

• Madeleine, debout sur une tribune, en attitude de parler & l'assemblée ; « dans le fond, on voit la ville de Marseille, les forts et la haute mer .. »

Le plus beau spécimen de l'école française existant au musée de Cluny est un tableau peint sur bois, à volets, représentant le saerc de Louis XII, en 1498. — On admire, en outre, dans la salle de la cour d'appel à Paris, un beau tableau de la On du quinzième siècle représentant un Crucifiement, u Nulle production de Ilemling, dit M. A. Mi- « cbiels (Peinture sur bois, cuivre, toile; loc. cit. ), n'offre un art « aussi avancé, une composition aussi profonde, des types aussi orl- « ginaux. La Belg^ue el la Hollande ne renferment pas une œuvre du

• même style qu'on puisse dire plus belle. » — Voir aussi sur ce tableau. Les ducs de Bourgogne, par M. le comte de Labords; IIe partie, t. ï. Preuves, p. cxl.

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