‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 19 sur 327 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Bourges au quinzième siècle. — Ses monuments, son industrie. — Origine de Jacques Cœur. — 11 épouse, vers 1 4 1 8, la fille du prévôt de Bourges.

— Est intéressé dansla fabrication des monnaies à Bourgeseri 1 427. — Se trouve impliqué dans un procès auquel cette fabrication donne lieu.

— Lettres de rémission de Charles VII à ce sujet. — Jacques Cœur voyage dans le Levant en 1432. — Détails sur Alexandrie, le Caire et Damas vers la fin du quatorzième siècle. — Commerce et richesse de l'île de Chypre et de la ville de Famagouste, sa capitale. — Venise, Florence, Gènes, Marseille et Barcelone au quinzième siècle.

— Montpellier à la même époque. — Jacques Cœur y établit le siège de ses opérations commerciales. — Mission financière en Languedoc.

La ville de Bourges présentait au quinzième siècle, et même fort longtemps après, un aspect bien autrement pittoresque que celui sous lequel elle s'offre aujourd'hui aux regards du voyageur, qu'y attirent sa merveilleuse cathédrale, l'hôtel de Jacques Cœur et quelques anciennes maisons que le temps, le feu et les révolutions ont respectées. Plus de quarante églises, couvents et monastères étaient alors disséminés dans l'enceinte de la ville, et, de tous les côtés, s'élançaient dans les airs, à de prodigieuses hauteurs, «les clochers, des flèches que dominaient les tours de l'é-

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glise cathédrale de Saint-Ktienne l. A peu de distance de cette église, l'un des plus beaux monuments religieux de la France , s'élevait une Sainte-Chapelle, commencée eu 1400 aux frais de Jean, duc de Berry. Consacrée le 18 avril 1405, la Sainte- Chapelle de Bourges avait été dotée par son fondateur d'une quantité considérable de joyaux, d'objets d'or et d'argent, de reliques, de pierreries, de peintures, de livres et d'ornements de toutes sortes8. Après Saint-Etienne et la Sainte-Chapelle, les églises de Saint- Ursin, de Notre-Dame des Sables, de Saint-Aoustrillet, se faisaient encore admirer a. Un monument d'une nature toute différente attirait aussi les regards par ses formes imposantes et ses dépendances : c'était la grosse tour, fortification imprenable sans le secours d'une puissante artillerie. Construite, à ce que l'on croyait, vers le cinquième siècle, elle était entourée de courtines, dont cinq tours svelles, élancées, garnies de meurtrières de la base au sommet, occupaient les positions les plus importantes4.

* Pourtraictde la ville de Bourges , des Gaules la cité première. Cette vue de la ville de Bourges se trouve dans un volume intitulé : Relation de Vordre de la triomphante et magnifique monstre du mystère des saints actes des apôtres, suivie de l'inventaire de la Sainte-Chapelle de Bourges, en 1564, etc., par Labouvrie; Bourges, 1836.

1 Labouvrie, loc. cit., p. 305 et suiv. — La chute du pignon de cette église, qui eut lieu en 1756 par suite d'un violent orage, l'ayant endommagée de manière à rendre ce désastre irréparable, elle fut supprimée par lettres patentes du mois de février 1757. En môme temps, les revenus et le mobilier de la Sainte-Chapelle furent donnés à l'église de Saint-Etienne, à l'exception d'un tableau représentant Charles VU, qui fut transporté au Louvre. Une maison particulière fut bâtie, en 1796, sur l'emplacement qu'elle occupait.

3 La Thaumassicre, Histoire du Ilcrry, Paris, 1689, p. 101.

* C'est ee qui avait fait dire à un poHe contemporain :

• Bourges, cite par deçà les Itâles, « Est de» li&ule» l'une de» priucipalch.

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