‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 191 sur 327 · CHRISTINE DE PISAN · texte numérisé non relu

CHRISTINE DE PISAN

line de Pisan et Alain Chartier, avaient précédé, (•(.•pendant Antoine de La Salle, qu'ils dépassèrent de beaucoup, non en talent, mais en popularité. D'origine italienne, élevée à la cour de France sous le règne de Charles Y dont son père, Thomas de Pisan né à Bologne, était astrologue, ("hristioe pouvait lire et avait lu, dans leur langue même, les poètes grecs et latins, tous les historiens de l'antiquité, les Pères de l'Église. A trente-sept ans, elle ?e trouva veuve, sans fortune, et, stimulée par la nécessité, elle composa, en quinze années, plus de vingt ouvrages, dont la moitié seulement étaient en prose. Les dix autres, ne renfermaient pas moins de vingt-cinq mille vers1. Le livre des faits et bonnes mœurs du sage roy Charles V , survécut seul à

bon» des couvents, un petit nombre de privilégiés, amis des princes et des grands, pouvaient seuls étudier les productions de quelque étendue. Il en résultait que le progrès était nécessairement Tort restreint. Ce n'étaient pas, en effet, les hommes que la nature avait le mieux doués pour la culture des lettres qui s'y livraient, mais ceux entre les mains desquels le hasard des relations ou d'heureuses circonstances avaient Tait tomber quelques livres. Kncore était-il rare qu'ils eussent la facilité de lire tous ceux qu'il leur eût importé de connaître; la bibliothèque de Charles V. qui se composait de neuf cents volumes, ne possédait pas un seul Cieéron.

1 C'était le Débat des deux amant dans lequel on discutait longuement a» de Camonr réunit honneur on bien honte, si c'estoit maladie ou grant santé ; le Dit de Puissy, le /Ht de la Houe, le Dit de ta Pattoure, les Dit» moraux, les Dit» amoureux , le Dire de» vrnijt aman», \*E»pltre au dieu d'amour, VEsjûtre d'Othea la déesse, quelle envoya à Uector de Troye, à Vùge de quinze ans {deux mille vers"!; le Chemin de longue estude, tout à fait digne de son titre; car il n'avait pas moins de six mille vers. C'était bien la peine d'avoir iu, comme l'avait fait Christine, Homère. Platon, Aristote, Virgile, Horace, Tibulle, Juvénal, Citron, saint Jérôme, saint Ambroise, saint Augustin, etc., etc. Quelques-unes des compositions en prose de la trop Féconde Christine avaient pour titre : la Cité des Dûmes, le Livre des trois vertus, le Corps de Policie, le Livre de la vision, le Traité de la pai r, etc.

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