MYSTÈRES INÉDIT
parut surtout un très-grand nombre vers la fin du quatorzième siècle. Chaque localité un peu importante voulut sans doute avoir le sien. Le titre seul de quelques-unes de ces pièces suffira pour donner une idée des sentiments qui y étaient exprimés et de la culture des esprits pour lesquels elles étaient faites *. Parmi les mystères, ceux qui obtinrent
1 D'après M. Achille Jubinal [Mystères inédits du quinzième siècle, t. 1, préface, p. xx), un manuscrit de la Bibl. imp., de la fin du quatorzième ou du commencement du quinzième siècle, intitulé Miracles de Notre-Dame, en deux volumes grand in-4, contient quarante de ces miracles, dont il donne les titres. J'en reproduis seulement quelques-uns :
« — Comment JV. D. délivra une abbesse qui était grosse de son clerc,
« — Salomié, qui ne croioit pas que JV. D. eust enfanté virginalement sans œuvre d'home, perdi les mains pour ce qu'elle le voulut esprouver; il se repentit, mit ses mains sur JV. S., et elles lui furent rendues.
« — D'une none qui laissa son abaye pour sen aler avec un chevalier qui l'espousa, et depuis qu'ils orent eus de biaus en fans, JV. D. aparut à elle, dont elle retourna dans son abaye, et le chevalier se rendit moyne.
« — D'un évesque à qui N. D. aparut et luy dona un jouel d'or auquel avoit du lait de ses mamelles.
a — Une femme, nommée Théodora, pour son péchié se mit en habit d'home, et pour sa penance faire, devint moyne, et fut tenue pour home jusqu'après sa mort.
m — Cy commence un miracle de saint Yalentin, que ung empereur fist dècolcr devant sa table, et tantôt s'estrangla l'empereur d'un os qui lui traversa la goryc, el diables i 'emportèrent .
« — Cy commence un miracle de S. D.: Comment la fille du Roy de Hongrie se copa la main pottree que son frère la vouloit espouser, et un esturgon la garda vu ans en sa mulette.... »
Pendant longtemps ces jeux et miracles furent représentés dans les églises. Peu à peu les mœurs et le goût s'épurant, le clergé lui-même défendit ces représentations et toutes celles qui avalent lieu dans les temples. Le concile de Bàle rendit, à ce sujet, un décret ainsi conçu :
« Turpem etiam illum abusum in quibusdam frtquentatum ecclesiis, quo in certis anni celebritatibus, nonnulli cum mitra, baculo ac vestibus pontificalibus, more episcoporum benedicunt ; alii ut reges ac duces in-