LES MYSTÈRES A METZ
le plus grand succès furent, après la Passion, la Conception et Sainte Catlierine. Ce dernier, représenté à Metz en 1434, dura trois jours. « Et fust, dit un témoin ocu- « laire, Jean Didier, ung notaire, Sainte-Catherine1. » L'impression produite par cette représentation dut être vive, car en 1437 les habitants de Metz firent élever, dans une plaine voisine de la ville, un nouveau théâtre, à neuf étages, sur lequel on joua le mystère en vogue, celui de la Passion. « Et fut Dieu, dit le môme chroniqueur, un sire appelé seigneur Nicolle, lequel estoit curé de Sainct-Victor de Metz, lequel fut presque mort en la croix s'il n'avoit esté secouru $ et convint que un autre prestre fut mis à la croix pour parfaire le personnage dou crucifiement pour ce jour; et le lendemain le dict curé de Sainct-Victor parfit la résurrection ; et fit très-haultement son personnage et dura ledit jeu. Et un autre prestre, qui s'appeloit raessire Jean de Nicey, fut Judas, lequel fut presque mort en pendant, car le cueur lui faillit, et fut bien hâtivement despendu et porté en voye. Et estoit la bouche d'Enfer très-bien faite, car elle ouvroit et clooit quant les Diables y vouloient entrer et issir *. » Un auteur contemporain a fait du purgatoire, tel qu'il était représenté sur les
duti, quod festum fatuorum vel innocentium seu ptierorum in quibusdam rrgionibus nuncupatur; alii larvales ac théâtrales jocos ; alii choreas ac tripudia marium ac mulierum facientes ut homines ad spectaculum et cachinnationes moveant, alii comme ssaliones et convivia ibidem préparant. Hxc sancta Synodus détestant, statuit et jubet, etc., etc. »
L'étHt de la pragmatique sanction, rendu à Bourges, le 7 juillet 1 438, approuva ces interdictions et donna force de loi au décret du concile de Bâle, dans toute l'étendue du rojaume. {Recueil général des anciennes lois françaises, t. IX, p. 42.)
» Les frères Parfait, Histoire du théâtre français, depuis son origine jusqu'à prêtent, t. II, p. 252.
» Histoire du théâtre français, etc., p. V 5 4 .
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tbéùtres du moyen âge, le tableau suivant : « Notez que la limbe doit estre une habitation en la fasson d'une grosse tour quarrée, environnée de retz et de filetz ou d'autre chose clerc, afin que, parmi les assistants, on puisse voir les âmes qui y seront. Et derrière la dicte tour, en ung entretien, doit avoir plusieurs gens crians et gullans horriblement tous à une voix ensemble, et l'ung d'eux qui aura bonne voix et grosse parlera pour luy et les aultres âmes damnées de sa compaignie x. »
Eufin, après les mystères que nous venons de nommer, celui des Actes des Apôtres excita encore l'enthousiasme. Vers le milieu du quinzième siècle, Arnoul Greban composait sur le sujet toujours populaire de la Passion un nouveau mystère qui renfermait une sorte d'idylle sans aucun lien avec la donnée principale, mais empreinte d'une certaine naïveté, pleine d'ailleurs d'affectation. La scène suivante, tout a fait épisodique, se passe entre deux pastoureaux, Aloris et Pellion 2.
ALORIS.
Il fait assez doulce saison
Pour pastoureaux, la Dieu mercy.
PELLION.
Rester ne pourroye en maison Et voire ce joyeux temps-ci.
ALORIS.
Ky de richesse et de soucy !
Il n'est vie si bien nourrie Qui vaille estât de paslourie.
PELLION.
On parle degrant seigneurie,
1 M. Achille Ju binai, loc. cit., préface, |>. XLii. 1 .M. Ch. Louandre, loc. cit.