INDUSTRIES LOCALES
permettent de l'évaluer à près de soixante mille âmes. Placée au centre de la France et mieux protégée, par suite, que toutes les autres parties du royaume contre les invasions et les conséquences des guerres qu'elles entraînent, cette population était active et adonnée à l'industrie, principalement à celle des laines et à la fabrication des draps, tellement estimés que, dans les contrats de mariage de la province, il était stipulé que la future serait vêtue de drap du Berry l. « Bourges, dit un écrivain du seizième siècle, « forte cité et marchande, spécialement de draperie, la- « quelle se fait audit Heu » Deux foires importantes qui s'y tenaient en juin et en octobre, et qui duraient chacune sept jours, amenaient à Bourges un grand concours de Français et d'étrangers 8.
C'est dans cette ville, au milieu de ce quinzième siècle si fécond en grands événements et si agité, quelques années après l'apparition de Jeanne Darc, cette noble fille du peuple, qu'un homme du peuple aussi, Jacques Cœur, fils d'un simple marchand, a marqué son empreinte et laissé de son passage des traces que les siècles n'effaceront pas.
Bien qu'aucun document authentique ne constate ni le Heu, ni la date précise de sa naissance, on sait, par le témoignage même de ses enfants, qu'il était né à Bourges. « Ledit Jacques Cœur, disaient ceux-ci dans une des nom- « brcuses réclamations qu'ils élevèrent après son procès, « estoit bourgeois de ladite ville et natif en icelle4. » Pierre
« Catherlnot, Opuscules sur le Berry ; le Prêt gratuit, cité par Labouvrle.
* Le Catalogue de» antiques érections des villes et cités des trous Gaules, en deux parties, la lrt par Glllea Corrozet, la $• par Claude Champier. Lyon, 1527.
9 La Thaumansière, loc, cit., p. 99.
* Actes judiciaires relatifs ù la condamnation de Jacques Cowr, pu-