‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 223 sur 327 · LUXE DES FEMMES AU QUINZIEME SIÈCLE · texte numérisé non relu

LUXE DES FEMMES AU QUINZIEME SIÈCLE

du temps constate « que , de toutes tes nations de la terre habitable, il n'y en avoit point de si difformée, variable, outrageuse, excessive, inconstante en vestemens et babils que la nation Françoise, et que, par le moyen des habits, on no cognoissoit Testât et vacation des gens, soit princes, nobles hommes, bourgeois, marchands ou gens de mestier, parce qu'on toléroit à un chascun se vestir et habiller à son plaisir, fust homme ou femme, soit de drap d'or ou d'argent, de soye ou de laine1. » La toilette excessive des femmes avait évidemment provoqué l'anathëme lancé contre le luxe et l'inconstance des modes. Cependant les dentelles n'avaient pas encore pénétré en France. Les plus grandes dames portaient des chemises de serge, et un inventaire d'objets ayant appartenu à la reine Marie d'Anjou constate qu'elle en avait deux de toile2. Mais les draps d'or ou de soie, les tapisseries, les bijoux, suffisaient pour ruiner les familles. On a vu, par le récit d'un chroniqueur bourguignon, le luxe d'Agnès Sorel dans ses ornements de lit, ses tapisseries, son linge, sa vaisselle, se? bagues et joyaux, sa cuisine. Une innovation importante lui était réservée. L'art de tailler les diamants, qu'on employait d'ailleurs pour orner les couronnes des rois et les reliquaires, mais bruts et à peine dégrossis, u'était pas en-

1 Ordonnance niée, par Leber, Essai sur la fortune privée au moyen âge, p. 597.

* Art de vérifier tet dûtes, édition Saint-Allaié, t. VI, p. 400. — On voit pourtant dans l'inventaire de» joyaux d'or et d'argent de Philippe le Bon, du duc de Bourdonne, inventaire daté de Dijon le 12 juillet 1420, qu'il y avait dans une chambre deux paires de draps de lit, l'une de fine toile de Rains, l'autre do bonne toile bourgeoise. L'inventaire mentionne, en outre, une pièce entière de fine toile de lin, faicte a Troi/cs, et des nappes neuves, de l'entre de Damas, ainsi que onic groupa serviette* de chanvre, appelée» chnitvcrnz. (M. le comte de Ltborde, les ducs de Bonraogne. Preuves, t. Il, p. «*

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