‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 222 sur 327 · LETTRES AU SIRE DE LA VARENN F · texte numérisé non relu

LETTRES AU SIRE DE LA VARENN F

cesser d'y demourer, où nous debvrez donques revenir à serchier, rapportant response du dessus dit. Pour le seurplus, continue estre en bon estât et vaz chacun jour au long de la grève de Loyr. Monsieur mon coopère, nous est advenu adventurc d'ung homme que l'en a dyt estoit rufien et maqueriau et accointait une des femmes, et est entré de nuict en l'ostel, ouquel a prins à forsse de ferremenz, en une arche des joyaulz et relyquayres que à la dicte femme estait lessez en garde. Et se sauvant, est cbeu au saillyr d'ung foussè, où a esté reprins; et sy dyt-on qu'est-ce du fayt de ces relyquayres se ainsy a esté reprins. Monsieur mon conpère, ge me recommande à vous tant comme ge puys, et à Dieu qui vous doint vos desirz. Escript à Anboize, ce disuitiesme jour d'aoust. La toute vostre bonne amye et commère, Agnès. »

« Monsieur mon conpère, ge me recommande à vous tant (Spécialement que je puys. Comme ung nommé Mathelin Tierry, le quel est père d'une des Allés de mon ostel, me a fayt remonstrer que une rente qu'il souloit prendre sur ung estail de bouchier de la ville de Chynon, que estoit de vingt-deuz sols, est naguières amendry à l'occasion des guerres et ne vault présentement que seize sols, des quelz joint au pou que luy demoure, ne lui est loisyble de vivre ?t est tumbié en grant povreté; suppliant le dit Mathelin que luy veillez bien acorder et condescendre à donner ung ofysse qui luy a esté promis de vostre escuier Guiounet, le quel luy viendrait bien à point pour son entretenement; cy doneques vous le veuz pryer acorder et y condescendre, quy ynsy viendroit au dit Mathelin à indemnité d'avoyr esté rigoureusement traytié en sa dite rente et me ferez bon plé-

ET AU PREVOT DE LA CHESNAYE. ?4*i

sir de le despéchier; comme prie à Dieu, monsieur mon coopère, que vous doint ce que désirez. De Cucé, le pénultième jour d'apvril. La toute vostre servante et commère, Aghes *. »

Enfin, la lettre suivante pour le prévôt de la Ghesnaye montre que les malheureux n'imploraient pas en vain la miséricorde d'Agnès Sorel.

« Monsieur le prévost, j'ay entendu que quelques uns de la paroisse de la Chesnaye ont esté par vous adjornez sur le suspeçon d'avoir prins certains boys de la forest du dit lieu; et à eulz ont esté unes journées sur ce assignées pour entendre une informacion faicte sur leur inocence. Sur quoy, ayant sçeu qu'aucunes des dictes gens sont povres misérables personnes et que ilz aient grant misère à gaigner leur vie et gouvernement d'eulx, leurs femmes et enfants, ne veus en rien qu'il soit suivy oultre à la dicte informacion et journées et que les dictes gens soient empeschiez aulcunement en corps ne en leurs biens, mais por eulx au contraire soit mise la dicte afère à nient; et en ce faisant sans délay me ferez service aggréable. Priant Dieu, monsieur le prévost, qu'il vous doint bonne vie et vous tienne en sa garde. Du Plessis, ce vin* jour de juing. Vostre bonne mestresse, Agnès. »

La faveur dont jouissait Agnès Sorel durait depuis environ dix-huit ans sans avoir éprouvé d'interruption sensible. Pendant cette période, une révolution à laquelle elle semble avoir grandement contribué, s'était opérée dans la toilette. Le préambule d'une ordonnance

1 La tftiscriplion cal celle-ci : A mon trùs-honari et conpère, momf <te la Varenne, chnmbtlant du Roy.

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