‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 226 sur 327 · DE LA FAVORITE · texte numérisé non relu

DE LA FAVORITE

que la dite défunte alla de vie à trespas, ung obit solennel à diacre et soubs-diacre, avec vigile de mort le jour précédent *. » L'église collégiale de Loches, à laquelle Agnès Sorel avait autrefois donné une croix d'or, une petite statue de la Madeleine en argent doré, divers joyaux et de magnifiques tapisseries, obtint en outre, par testament, deux mille écus d'or affectés à l'acquisition de plusieurs terres voisines de Fromenteau, ainsi qu'à la construction des stalles du chœur. D'autres églises, au nombre desquelles figuraient la collégiale de Saint-Martin de Léré dans le diocèse de Bourges et l'abbaye de Saint-Martin de Tours, eurent également part aux libéralités d'Agnès Sorel 2. Son frère, André Soreau, âgé de seize ans, n'eut que cinq cents écus, pour son avancement. Or, l'ensemble des sommes qu'elle laissa, dit l'historiographe de Charles VU, h tant « pour aumosnes, que pour payerscs serviteurs, fut estimé o à soixante mille escus. » Elle désigna, en même temps, ses exécuteurs testamentaires. C'étaient, après le roi, Jacques Cœur, Etienne Chevalier, et Robert Poitevin, un des médecins de Charles VII.

Les derniers moments d'Agnès Sorel furent pleins de regrets et d'angoisses. Voyant sa fin approcher, elle dit aux personnes qui l'entouraient , que c'estoit peu de chose, et orde et vile de nostre fragilité. Ses souffrances augmentant, elle demanda à son confesseur de l'absoudre de toute peine, en vertu d'une indulgence spéciale qu'elle avait à Loches ; le confesseur la crut sur parole et fit ce qu elle désirait, a Puis, après qu'elle eut fait un fort haut

1 Archives de Jumièges, lettres des exécuteurs testamentaires, citées par M. Vallet de Viriville, nbi supra, p. 322.

« Obituaire et pièces diverses, cités par M. Vallet de Viriville, p. 325

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