MAUSOLÉE DE JUMIÈGES
ltv, en appelant Dieu, et invoquant la benoiste vierge Marie, son âme se sépara de son corps, le lundy neuviesme jour de février, Tan mil quatre cent quarante neuf, environ sur les six heures après midi1. » Son cœur et ses entrailles furent déposés à l'abbaye de Jumièges, dans la chapelle môme de la Vierge, où on lui éleva un mausolée en marbre noir, haut d'environ trois pieds, surmonté d'une statue en marbre blanc. Elle y était représentée à genoux, tenant entre les mains un cœur qu'elle offrait à la Vierge, pour la supplier de la réconcilier avec Dieu. Au pied du tombeau était un autre cceur également en marbre blanc. Ce mausolée, détruit dans les guerres religieuses du seizième siècle, portait l'épitaphe suivante :
« Ci gît 2ip\h Surrllf, noble oomoioelle, en oon vivant «borne oc Roquereotèrr , oe Jfleoulté, o'ilooououn rt bt « t)emon-our-5rine ; piteuse entre toutes gens, qui bt « ses biens donnait largement aur églises rt aur pauvre* ; « qui trrsposso le nruoirmr jour bt (tvtïtt bt l'on te « grâce 4449. f)rtc? IDieu pour elle. »
Deux épitaphes latines, où elle était qualifiée de duchesse, et comparée à une colombe, furent gravées plus tard sur le mausolée de Jumièges. Les religieux y célébraient ses vertus en termes qui, s'ils témoignent hautement de leur reconnaissance pour ses bienfaits, s'accordent assez
1 Jean Gharticr, dans Godefroy, p. 192. — Cetlc date correspond au 9 février 1450, nouveau style. On voit dans une autre pièce {Lettres fies exécuteurs testamentaires, citées plus haut) qu'Agnès Sorel était morte le 10 février. Bien que cette date ail un certain caractère d'authenticité, c'est l'autre qui a prévalu.