ESCLAVE CHRÉTIEN RENVOYE A SON MAITRE
en Alexandrie, furent mal contens, et disoient qu'ils n'avoient point accoutumé veoir telles tromperies 1. »
L'embarquement forcé d'un certain nombre d'individus à bord d'une des galères de Jacques Cœur fut constaté par huit témoins. L'un d'eux rapporta qu'un jour plusieurs sergents de Montpellier et divers agents de Jacques Cœur n prirent coquins, ruffians, taverniers el autres méchantes gens, et les firent mener sur la galère Saint-Jacques qui alloit partir. » Parmi eux se trouvait un pèlerin allemand « bonneste homme et de bonne conversation, » dit le viguier de Montpellier. Cet Allemand demanda avec instance, à être débarqué, mais Jacques Cœur ne voulut pas y consentir. Un témoin, qui se plaignait lui-même d'avoir été embarqué de force sur la galère Saint -Jacques, dit qu'il « vit ledit Allemand saulter en Ja mer et se noyer, combien que toute diligence fut faite de le recouvrer. Et, paravant qu'il se jetta, ploroit et disoit qu'on luy faisoit tort *. »
Au sujet de l'esclave chrétien qui avait été ramené de Montpellier à Alexandrie sur une galère, par l'ordre de Jacques Cœur, le patron de cette galère déposa qu'il était à Alexandrie lorsqu'un esclave de vingt-quatre à vingt-cinq ans vint le trouver et se jeta à ses pieds en disant : Pater noster, Ave Maria. Interrogé s'il voulait être bon chrétien, cet esclave aurait répondu que c'était son désir et qu'il s'était sauvé de chez son maître dans ce but. La galère Saint-Denis allait mettre à la voile; elle transporta l'esclave à Montpellier. A peine instruit du fait, Jacques Cœur envoya chercher le capitaine de la galère et lui reprocha vivement d'avoir dérobé cet esclave; il le prévint en outre
' Procès, de, j». 439.
» IbM., etc., p. 439 à 442.