‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 253 sur 327 · RAYANT COEUR · texte numérisé non relu

RAYANT COEUR

de Jacques Cœur. L'archevêque objecta vainement qu'il avait pris possession des biens de son oncle a titre d'héritier et d'exécuteur testamentaire; le procureur général lui répondit qu'il ne pouvait hériter de l'évêque de Luçon, dout Jacques Cœur, son frère, était le plus proche parent1. Pour comble d'infortune, la division s'était glissée entre les enfants de l'argentiçr, et ils n'étaient pas unanimes dans leurs protestations contre l'arrêt qui l'avait frappé. On se souvient que, n'épargnant ni soius ni démarches pour soustraire (a connaissance du procès aux commissaires extraordinaires, l'archevêque de Bourges avait intéressé au sort de son père l'évéque de Poitiers, l'archevêque de Tours et le pape lui-même. L'arrêt une fois rendu, il reprit son œuvre en changeant de tactique. Les supplications ayant échoué, il avait eu recours aux voies judiciaires, et deux autres frères faisaient cause commune avec lui. Un seul, Ravant Cuer, refusa de s'associer à eux, et, l'on ne sait pour quel motif, se sépara, dans ces graves circonstances, du reste de sa famille. Ce fâcheux dissentiment est constaté dans les termes suivants par le procureur général du roi.

« Et le dit jour (30 octobre 4433) vint vers moy Ravant Cuer qui me dist qu'il n'avoit de quoy vivre ne de quoy avoir des vestemens et autres habillcmens de sa personne, et que, pour ce qu'il ne s'estoit pas voulu consentir à l'op- , position que l'arcevesque de Bourges et autres ses frères vouloient faire à l'encontre des criées des héritages et biens immeubles du dit Cuer qui se faisoient, ilz l'avoient chassé et chassoieut, et ne le vouloient veoir ne rancontrer et ne savoit où aler; et me requist, en plorant et gémissant, que je voulsisse avoir regard à son pouvre fait, et le remonstrer

1 Vente des bieru, etc., extrait G.

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