‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 268 sur 327 · DOLÉANCES DES BORDELAIS · texte numérisé non relu

DOLÉANCES DES BORDELAIS

les vins dut causer parmi ers population?. Un historien rontemporain en a fait la description dans un récit on revivent toutes les passions du temps.

« Après la rentrée volontaire de l'Aquitaine sous la domination de la France, les peuples demeurèrent, pendant un an, ainsi qu'on le leur avoit promis, exempts des tailles, collectes et autres exactions, qui, malheureusement, opprimoient le reste du royaume depuis bien des années. Mais les tyrans spoliateurs des autres parties de la France, envieux de la félicité et de la liberté de ces nouveaux sujets, levèrent bientôt sur eux des tributs, des collectes et des tailles, dont l'imposition se coloroit des prétextes les plus spécieux... — Ils disoient, entre autres, que Charles n'avoit d'autre but que d'assurer le repos de l'Aquitaine , et que f impôt ne devoit paroi tre ni lourd ni fâcheux, puisqu'il étoit dépensé par les troupes mêmes chez ceux qui le pay oient, et qu'il rentroit, pour ainsi dire, dans la bourse d'où il étoit sorti. Il falloit d'ailleurs s'opposer par tous les moyens aux manœuvres de l'Angleterre. En effet, c'étoit de l'Aquitaine qu'elle tiroit les vins dont elle étoit dépourvue; c'étoit en Aquitaine que, pour les draps et les marchandises dont leur royaume abonde, les Anglois trouvoient un débouché sùr, avec la facilité de les faire passer de là en Espagne et dans les autres pays circonvoisins, au grand avantage de leur nation, plutôt que des Bordelois et des habitants de la Provence...

« C'étoit par ces discours et ces prétextes ordinaires aux gens de finance, quand ils veulent étouffer les plaintes et les murmures des provinces de la France dont ils dévorent la substance, qu'on cherchoit à faire supporter aux Bordelois et aux Gascons le fardeau des impositions. Ces peuples résistaient toujours. Ils envoyèrent au Roi une députation. —

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