IMPOTS EXCESSIFS
été dépensés. Mettant au-dessus de tout la délivrance de la France, Charles VII décréta un emprunt forcé sur les gens les plus aisés des villes. «Considéré, disent les lettres adressées aux maires et consuls, l'inconvénient qui pourroit advenir à nous et à tout nostre royaume se, par faute d'argent, convenoit, que Dieu ne veuille! nostre dite armée rompre ou désemparer, vous mandons expressément que, incontinent vues les présentes lettres, cueillez et levez par emprunt, sur les plus puissans et aisez d'iceluy pays que verrez le povoir mieux promptement prester, et ce par prise de corps et de biens et par toutes les manières accoutumées » Un des impôts que Charles Vil fut obligé d'augmenter et qui pesait le plus sur les populations, était celui sur la vente du vin au détail. « Iceluy roy Charles, dit un chroniqueurdu temps, remit sus et fist courir lequatriesme, en son royaulme, des vins vendus à détail, qui moult grevoit au dict royaulme. Cestuy quatriesme feust venu de cent à quatre; car quand, anciennement, il feust mis sus, on meitaucenticsme et du centiesmeaucinquantiesme, puis au vingtiesme, puis au buictiesme et puis au quatriesme. Toutes ces choses et subsides couroient en France, sans les gabelles de sel qui y couroient, et quelques impositions et autres débites, dmt le peuple estoit mangié*... » Pendant la première année qui suivit leur soumission, les habitants de Bordeaux et de la Gascogne n'avaient pas vu augmenter leurs impositions. Cette époque expirée, le gouvernement jugea sans doute que le moment était venu de soumettre la province à la régie commune. Il est aisé de se figurer l'émotion que l'impôt du quart de la valeur sur
1 Bibl. imp.Mss.; Portefeuille fonttmieu, 121-122. * Mémoiret de Jacquei Du Clercq, p. 175. — On Terra, un peu plu* loin, que ce chroniqueur n'était nullement hostile a Charles VII.