‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 282 sur 327 · IL SUPPLIE LE DAUPHIN DE REVENIR. 3Î · texte numérisé non relu

IL SUPPLIE LE DAUPHIN DE REVENIR. 3Î

Prière inutile! Pourquoi, au surplus, le dauphin auraitil déféré aux supplications du roi? Il avait pour principe de ne rien faire sans profit. Or, à quoi pouvait lui servir la démarche qu'on lui demandait? 11 savait que la vie de son père, usée tout à la fois par la tristesse et par des excès que lui défendait son âge, ne serait plus de longue durée. D'autre part, il prétendait avoir auprès du roi des ennemis qu'un crime n'eût pas arrêtés. Il préféra donc attendre dans son exil volontaire cette couronne si ardemment désirée. On connaît les circonstances de la mort de Charles VII. Un jour, au commencement du mois de juillet 1461, un de ses capitaines lui dit, on ne sait sur quel soupçon, qu'on cherchait à l'empoisonner. Ces paroles causèrent ou précipitèrent sa fin. Sa téte se troubla; il crut

que j'ay que celle matière soit redressée à son bien, je fais ce qu'il devroit faire ; car il me devroit requérir de venir devers moy, et je le amuioneste pour qu'il vienne, afin qu'il me déclare franchement son cas, comme le fils doit à son seigneur et père; aussy que je luy die et déclare mon intention, et le vouloir que j'ay envers luy. El pour ce vous luy dire» que je désire et veux qu'il vienne devers moy, car j'ay intenUon de luy dire chose pour son bien et la chose publique du royaume que je ne voudroisluy escrire ne dire à autre. Et me semble que quand il aura parlé à moy, il connaîtra bien qu'il ne doit point avoir les doutes et craintes qu'il dit avoir. Afin qu'il n'ait cause de y faire aucun doute, je promets icy en parole de roy en la présence de ceux do mon Conseil qui ici sont, que s'il veut venir devers moy, luy et ceux de son hoslel qu'il voudra amener avec luy, y pourront venir et estre seurement. El quand il aura connu mon courage (mon cœur), et luy aurai déclaré mon intention, s'il s'en veut retourner là où il est, ou ailleurs là où bon luy semblera, il le pourra faire seurement, luy et ceux de sa compagnie, ou demourer, si c'est sa volonté ; mais j'ai bien espérance que quand il connottra mon vouloir , il sera plus joyeux ou content de demourer que d'aller ailleurs; et suis bien joyeux que vous, Houarte, qui estes bien privé de luy, soyez venu de par deçà, afin que luy pulssiex mieux acertener et raporter les choses dessus dites. » ( Recueil qtnêrnl des anciennes lois françaises, etc., t. IX, p. 375.)

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