TAILLES ÉTABLIES
cette conquête, féconde en résultats immédiats (car sans elle les routiers auraient continué à dévaster les campagnes et
seigneur* de France, pour certaines pensions qui leur furent promise* pour le» deniers qu'on levoit en leurs terres. •
L'arrangement dont parle Cominines eut-il véritablement lieu? A quelle époque se rapporle-t-il ? C'est ce qu'il est difficile de dire. Ce qui est certain, c'est qu'une assemblée, composée de nobles seulement, qui se tint à Nevcrs en 1441, et qui adressa à Charles Vil des doléances sur la nécessité de la paix avec les Anglais et sur la réforme des abus, demanda entre autres choses que « les tailles et impositions ne fussent mises sus et imposée*, sans appeler les seigneurs et Estais du royaume.» Or, voici la réponse que Charles VII fll à ce rœu:
« Les .vv des * ont été mises sur les seigneurs de leur consentement; et quant aux tailles, le Roy, quant il a esté au lieu, les a appeliez on Tait savoir combien que de son autorité royalle, veu les grans affaires do son royaume, si urgent, comme chacun scet,etmesmement se* ennemi* en occupant une grande partie, et détruisant le surplus, les peut mettre sus, ce qu'autre que luy ne peut faire sans congé. Et n'est jà nul besoin d'assembler les trois Estais, pour mettre sus lesdites tailles; car ce n'est que charges et dépense au pauvre peuple, qui a ù payer les charges de ceux qui y viennent. Et ont requis plusieurs notables seigneurs du. pays qu'on cessât de telle convocation faire, et pour cette cause tont content qu'on envoyé la Commission aux Estent, selon le bon plat sir dn Roy..., n {Recueil général des anciennes lois françaises, etc., t. IX, p. 108.)
Cette difficulté de réunir les Étals n'était pas une invention de la part de Charles VU. On lit en elTet dans les procès-verbaux des Etats* Généraux qui s'étaient assemblés à Mchun-sur-Yèvre en 1426 : • Outre plus, ont conclu les dits filais que si le duc de Bretagne ou autres, faisoient guerre au Roy, Iceux des États ont accordé et consenti que le Roy, sons attendre nuire assemblée ne congrégation des États, pour ce que aisément ils ne se peuvent pas assembler, y puisse faire ce que ordre de justice le
* On sait que les aide* eiaieut uue imposition le»ée sur les deurees et tes marchandises. Abolies par Charles, encore dauphin, eu 1418, elles fureut rétablies par lui le 13 fetrier 1435. Le nom de gabelle, d'abord employé pour signifier toute imposition sur les marchandises ou dearces, fut, par la suite, uniquement affecté à l'impôt sur le sel. Mais, au quinticme siècle, la gabelle se confondait encore avec les aides. Quant à la taille, elle se levait sur le* personnes à raison df leurs Mena. (Recueil général des anciennes lois françaises, t. Vllt, p. 114, note de M. Décrus?.}