‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 29 sur 327 · ET LE CAIRE EN · texte numérisé non relu

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prix dans leurs boutiques situées sur une place, vis-à-vis le château du Soudan. Parmi les chrétiens qui habitaient la ville, et le nombre en était prodigieux , il y avait des Grecs, des Nubiens, des Géorgiens, des Ethiopiens et des Arméniens, mais fort peu de Latins. On comptait de plus, au Caire seulement, vingt-cinq mille chrétiens renégats. La population de cette ville parut si considérable au pèlerin de Florence qu'il l'estima supérieure à celle de la Toscane. Faute d'habitations, cent mille individus couchaient, lui dit-on, en plein air. Une foule de cuisiniers étaient occupés nuit et jour à servir les passants dans les rues et places publiques; des milliers de chameaux transportaient l'eau du Nil dans les maisons, et dix mille chevaux étaient sans cesse à la disposition des Sarrasins qui voulaient faire des excursions. La ville possédait des entrepôts de sucre et d'épiceries où les marchands de l'Europe entière venaient s'approvisionner. C'était là sa principale richesse. Le luxe de la toilette des femmes était poussé à un point qui étonna les Italiens eux-mêmes. Elles portaient des chaussures ornées d'or, d'argent, de pierreries, de perles, et s'enveloppaient de drap fin et de toiles d'Alexandrie. Dès cette époque, de fréquentes révolutions amenaient à la téte du gouvernement des familles nouvelles; mais déjà la milice des mameluks disposait en quelque sorte du pouvoir. A chaque treizième lune, les chrétiens et les juifs payaient au Soudan un tribut d'un ducat. Le pèlerin florentin rapporte encore que la ville de Damas lui parut immense, qu'il en vit partir pour la Mecque une caravane composée de vingt-cinq mille personnes, que chaque métier avait son quartier ou bazar, que, de père en fils, les mêmes familles se livraient à la même industrie, ce qui donnait aux produits des fabriques de la ville uue grande supériorité, et

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