‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 299 sur 327 · SPOLIATION · texte numérisé non relu

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vite, de sa grande faveur, de 6a richesse demeurée longtemps proverbiale, et des signalés services qu'elle lui permit de rendre à Charles VII, à son pays. A quoi tout cela aboutit-il? A Tune des disgrâces les plus éclatantes dont l'histoire fasse mention, a des accusations absurdes, telle que celle d'avoir empoisonné Agnès Sorel, à une condamnation infamante, à l'exil trouvé trop doux et changé en prison, enûn à la douleur de voir ces biens immenses, fruit du travail fécond de vingt années et de hautes spéculations commerciales, livrés au pillage des courtisans. Voilà quelle fut la récompense de Jacques Cœur. Plus on examine sa vie et son procès, plus on demeure convaincu , avec les historiens et les annalistes du temps, que ce procès ne fut qu'un prétexte. Sans doute, il était défendu de fournir des armes au Soudan et d'exporter de la monnaie française à l'étranger ; Jacques Cœur avait aussi peut-être, en quelques circonstances, abusé de l'autorité et du crédit dont il jouissait. Il n'en faut pas moins chercher ailleurs le mobile de la condamnation qui le frappa, et ce mobile, j'ai montré dans quelles basses passions il eut sa source, a Envie crut dure sur /mi, » dit un contemporain 1. — «Ainsi, Envie le commença à assaillir, observe un autre ; à quoyses envieux et malveillans udjoutoient quil falloit que ces choses se prissent sur les deniers du Roy*. » Un troisième affirme* « qu'on cherchait quel crime il serait possible de lui mettre sus pour le faire condamner avec les apparences de la justice, lorsque d'infâmes délateurs l'accusèrent d'avoir empoisonné Agnès Sorel 8. » Ainsi fut sacrifié l'illustre marchand qui avait si

» Georges Chastelaln; voir l'extrait cité dans la prérace. * Mathieu de Coucy ; voir la prérace.

1 Thomas Basin, llv. V, cap. XXIII; voir l'extrait, dans la préface.

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